Loi luxembourgeoise – Filmer sous la jupe dans un lieu public: pas illégal!
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Loi luxembourgeoiseFilmer sous la jupe dans un lieu public: pas illégal!

LUXEMBOURG - L'homme qui filme sous les jupes des femmes, dans les bus de la capitale, ne peut pas être poursuivi au regard de la loi.

«Au vu du principe de l'interprétation stricte de la loi pénale, il n'y a ni attentat à la pudeur, ni outrage public aux bonnes mœurs, ni atteinte à la vie privée», rapporte Diane Klein, porte-parole de l'administration judiciaire.

«Au vu du principe de l'interprétation stricte de la loi pénale, il n'y a ni attentat à la pudeur, ni outrage public aux bonnes mœurs, ni atteinte à la vie privée», rapporte Diane Klein, porte-parole de l'administration judiciaire.

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L'homme qui filme en toute impunité sous les jupes des femmes depuis cinq ans, dans les bus des lignes 7, 18 et 20 entre la gare et le Kirchberg n'est pas près d'arrêter ces agissements. Et ce n'est pas la police qui l'y contraindra! L'affaire avait déjà été classée sans suite en 2012.

«Au vu des faits du dossier et au vu du principe de l'interprétation stricte de la loi pénale, il n'y a ni attentat à la pudeur, ni outrage public aux bonnes mœurs, ni atteinte à la vie privée. Le parquet n'avait pas d'autres alternatives», rapporte Diane Klein, porte-parole de l'administration judiciaire.

«Ahurissant et inadmissible»

Concrètement, la loi sur la protection de la vie privée du 11 août 1982 punit quiconque porte volontairement atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui en observant ou faisant observer au moyen d'un appareil quelconque, une personne se trouvant dans un lieu non public, sans le consentement de celle-ci... «Comme les transports en commun sont considérés comme des lieux publics, le parquet n'avait pas et n'a pas d'emprise pour agir contre cette forme de voyeurisme», ajoute la porte-parole.

On l'aura compris, même si plainte il y a, les agissements de l'auteur se traduiront encore par un classement sans suite! «C'est ahurissant et inadmissible», s'indigne une des femmes qui avaient repéré son manège et alerté la police. «Il faut absolument que la loi change. Je vais en parler à mes collègues pour voir quelles suites donner à cette affaire. Alerter le gouvernement? Proposer une pétition?».

(Gaël Padiou/L'essentiel)

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