Les banques du Luxembourg font-elles du «greenwashing»?

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FinanceLes banques du Luxembourg font-elles du «greenwashing»?

LUXEMBOURG – Greenpeace Luxembourg accuse plusieurs banques luxembourgeoises de promouvoir des investissements durables qui n'en sont pas vraiment. L'ABBL regrette les méthodes de l'ONG.

par
Thomas Holzer
Greenpeace Luxembourg a présenté son étude cette semaine.

Greenpeace Luxembourg a présenté son étude cette semaine.

Editpress

Investissements éthiques et durables, finance verte, autant de termes devenus des figures imposées dans la plupart des établissements financiers désireux de montrer leur souci de l'environnement. La place financière luxembourgeoise n'échappe pas à la règle. Mais que se cache-t-il réellement derrière ces produits financiers écoresponsables? Pas grand-chose, estime Greenpeace Luxembourg qui a de publié cette semaine une vaste enquête sur le sujet.

19 clients et clients mystères ont mené 27 entretiens de conseil dans 6 établissements financiers différents – Banque de Luxembourg, Banque Internationale à Luxembourg, Banque et Caisse d'Epargne de l'Etat (Spuerkeess), Banque Raiffeisen, BGL BNP Paribas, ING Groep – Il en ressort «qu'aucuns des produits présentés comme respectueux du climat ne suit une trajectoire de réduction de l'intensité des gaz à effet de serre qui soit compatible avec l'objectif d'un réchauffement global maximal de 1,5°C», explique le Dr. Martin Granzow, expert financier de Nextra Consulting GmbH et auteur du rapport.

«Une preuve supplémentaire du greenwashing», estime Greenpeace, qui ne ménage pas le secteur des fonds d'investissement, première source de richesse au Luxembourg. «Les banques doivent d'abord faire leurs propres devoirs afin de pouvoir conseiller correctement leur clientèle en matière d'investissement durable», considère Martina Holbach, chargée de campagne Finances chez Greenpeace Luxembourg.

Un rapport trop restrictif?

Des conclusions trop sévères pour l'ABBL, qui s'est fendue d'un communiquée vendredi pour défendre les établissements bancaires luxembourgeois. Pour l'Association des Banques et Banquiers Luxembourg, la méthodologie utilisée par Greenpeace s'avère bien trop restrictive, et propice aux conclusions négatives: «Les produits financiers spécifiquement alignés sur les accords de Paris ne représentent qu’une proportion très limitée de l’univers des investissements durables». Qui plus est, les banquiers font face à un déficit de données en la matière, ajoute l'association.

Démentant tout «greenwashing», l'ABBL estime que Greenpeace aurait dû davantage s'appuyer sur la réglementation européenne «qui va bien au-delà des aspects uniquement climatiques et que les banquiers sont tenus d'appliquer». Elle se dit toute fois «consciente des efforts nécessaires à mener», notamment en matière de formation des professionnels sur ce sujet.

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