Syrie – Forcés à manger de l'herbe et des chats pour survivre

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SyrieForcés à manger de l'herbe et des chats pour survivre

Le régime syrien a autorisé mercredi l'accès humanitaire à Madaya, une ville assiégée par les troupes d'Assad. Une décision plus qu'attendue par les habitants qui meurent de faim depuis des mois.

Plus de 40 000 personnes vivent à Madaya, une ville située à une trentaine de kilomètres de la capitale syrienne Damas. Depuis plus de cinq mois, la localité est assiégée par des troupes du régime d'Assad et des membres de la milice chiite du Hezbollah. Pour les habitants de cette localité, le siège est synonyme de désespoir et de famine.

La décision, mercredi, du régime syrien d'autoriser à nouveau l'accès humanitaire à la ville (voir encadré) était attendue avec impatience parce que la situation commençait à devenir catastrophique. Une porte-parole du Programme alimentaire mondial des Nations Unies (PAM) estime que Madaya a été approvisionnée en nourriture pour la dernière fois en octobre.

Un médecin, basé à Madaya, a ainsi raconté à l'agence allemande dpa que les gens se sont mis à manger de l'herbe et à abattre des chiens et des chats pour avoir au moins quelque chose à se mettre sous la dent. Ces déclarations sont néanmoins à prendre avec des pincettes. La vérification de ses propos s'avère en effet très difficile à cause du siège, note l'agence allemande.

31 morts en décembre

Reste que plusieurs médias locaux confirment que la famine s'étend de plus en plus à Madaya. Sur son site, la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera affirme que 31 personnes y sont mortes de faim en décembre. De son côté, la coalition nationale syrienne (CNS), qui rassemble des groupes politiques en exil soutenus par les Occidentaux, met en garde contre une catastrophe humanitaire imminente.

Un travailleur social de Majada a raconté au quotidien britannique The Guardian que le siège avait provoqué la création d'un vaste marché noir en ce qui concerne la nourriture, faisant grimper les prix de manière impressionnante. Selon lui, un kilo de riz coûte actuellement plus de 230 euros. La Croix-Rouge précise par ailleurs que la faim n'est pas le seul problème auquel les habitants de cette ville doivent faire face. Les températures seraient actuellement très basses parce que la ville est située à environ 1 500 mètres d'altitude. Et comme il n'y a ni électricité ni carburants à Madaya, les habitants sont contraints de brûler du plastique et des meubles pour se réchauffer.

Dans un récent rapport, l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) précise qu'un grand nombre de rebelles viennent se cacher à Madaya et que c'est pour cela que la ville est régulièrement bombardée.

Depuis le début de la guerre civile en Syrie, il y a environ 5 ans, rebelles et troupes du régime d'Assad occupent à tour de rôle des localités dans le but de contrôler des parties de plus en plus grandes du pays.

(L'essentiel/ofu)

L'accès humanitaire à la ville à nouveau autorisé

Le régime syrien a autorisé jeudi l'ONU à acheminer de l'aide humanitaire à la ville rebelle de Madaya, près de Damas, assiégée par l'armée ainsi qu'aux localités chiites de Foua et Kafraya dans le nord-ouest, a annoncé l'ONU.

«L'ONU accueille avec satisfaction l'autorisation du gouvernement syrien d'accéder à Madaya, Foua et Kafraya et se prépare à fournir une assistance humanitaire (à ces localités) dans les prochains jours», indique le communiqué de l'ONU.

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