Etudes scientifiques: A partir de quelle température est-on moins efficace au boulot?

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Études scientifiquesÀ partir de quelle température est-on moins efficace au boulot?

LUXEMBOURG – A mesure que la température augmente, les capacités cognitives de notre cerveau s’amenuisent.

par
Jean-Francois Colin
Au Luxembourg, il n'y a pas de «seuil de température officiel», au-delà duquel l’activité doit être aménagée, voire s’arrêter.

Au Luxembourg, il n'y a pas de «seuil de température officiel», au-delà duquel l’activité doit être aménagée, voire s’arrêter.

Meteolux annonce des températures dépassant les 30°C pour ces prochains jours. Le portail météorologique lance d’ailleurs une vigilance jaune pour la moitié sud du pays dès ce mercredi après-midi. Si, en période caniculaire, la première pensée est dirigée vers les travailleurs en extérieur et les métiers à forte pénibilité, qu’en est-il du secteur tertiaire, des employés de bureau à la charge physique de travail dite «légère», voire «très légère»?

«Il n’existe pas de cadre légal» à ce propos, lance Pitt Bach, secrétaire central du syndicat Santé de l’OGBL. Il n’est donc «pas question d’un seuil de température officiel», au-delà duquel l’activité doit être aménagée, voire s’arrêter, comme c’est pourtant le cas dans le code du bien-être au travail en Belgique, par exemple. Cela reste «très vague et général», admet-il.

Hormis les juillettistes, chacun sera donc à son poste de travail ces prochains jours. Mais avec quel rendement? Si les fortes chaleurs n’exercent pas la même influence sur tout le monde, les études scientifiques démontrent que l’activité cérébrale pâtit des températures élevées. En 2018, 44 étudiants de l’Université de Harvard ont été scindés en deux groupes pendant douze jours: 22 travaillant dans un local climatisé à 21,5°C, les 22 autres à l’œuvre dans une pièce non-climatisée sous une température de 26,5°C.

«Surtout pas d'alcool ni de caféine»

Au cours des tests cognitifs qui leur ont ensuite été soumis, il est apparu que «la rapidité cognitive, la mémoire de travail, la capacité d’attention et la rapidité d’exécution étaient inférieures de 10 à 15% chez celles et ceux qui avaient été placés dans le local à 26,5C», analyse le Dr Sylvia Binck, neurologue à Luxembourg. L’altération des capacités cognitives est ainsi beaucoup plus limitée chez celles et ceux travaillant dans des bureaux climatisés.

Le meilleur moyen de remédier à ces méfaits neurologiques est de «penser à boire», dit le Dr. Binck. «Notre cerveau est composé à 78% d’eau. Ainsi une déshydratation, même légère, peut affecter les fonctions cognitives», ajoute la spécialiste. «Boire deux litres d’eau par jour de forte chaleur est acceptable», précise-t-elle.

«Surtout pas d’alcool ni de caféine, mais en particulier des liquides isotoniques ou hypertoniques, comme du bouillon, qui apporte à l’organisme du sel en plus de l’eau. Car boire cinq litres d’eau seule diminue la présence de sel dans l’organisme, et ce manque peut aussi conduire à des complications neurologiques, comme de la confusion, des vertiges, des maux de tête,…».

«Manger léger» pour ne pas avoir plus chaud

Un point sur lequel insiste également l’Inspection du travail et des mines (ITM). «Dans ses recommandations, l’ITM appuie le fait de garantir l’accès permanent à l’eau potable pour tous les salariés, en plus de surveiller la température à l’intérieur des bâtiments et de prévoir des appareils de ventilation», relève Pitt Bach, du syndicat OGBL.

Pour ce qui est du repas de midi pris au bureau, le Dr. Binck privilégie clairement de «manger léger. Car un repas gras ou riche en calories oblige l’organisme à produire beaucoup plus de chaleur pour la digestion. Mais surtout, souligne-t-elle, il ne faut en aucun cas ne rien manger». Dans les bureaux climatisés, et a fortiori dans les autres, les fontaines d’eau risquent de couler à flot dans les prochains jours. La règle d’or reste de ne jamais se laisser envahir par l’impression de soif.

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