France: deux arrestations après la mort d'un bébé

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France: deux arrestations après la mort d'un bébé

Deux hommes ont été placés en garde à vue mercredi à Bobigny (Seine-Saint-Denis) après une nouvelle attaque de chien dangereux qui a amené la mort d'Aaron, un enfant de 19 mois.

Il s'agit du propriétaire du chien, un vigile de profession âgé d'une soixantaine d'années, et de son neveu de 43 ans. Le chien était l'outil de travail du premier, qui l'aurait confié à son neveu en raison d'une absence. Un troisième homme arrêté précédemment a été mis hors de cause.

Le drame s'est produit en fin de soirée mardi, dans un hall d'immeuble d'une cité. Le chien, un Rottweiler "de race croisée 2ème catégorie" selon la préfecture de Bobigny, s'est jeté sur l'enfant qui attendait l'ascenseur avec sa mère et sa tante.

Le molosse a saisi l'enfant au visage et l'a trainé dans le hall pendant un long moment, jusqu'à ce que les deux femmes parviennent à le faire lâcher prise, en le coinçant entre deux portes en fer de l'immeuble.

Transporté à l'hôpital Necker de Paris, l'enfant est mort dans la nuit. Le chien, maîtrisé par des policiers et des secours, sera mis à mort "très rapidement, au vu de la terrible gravité des faits", dit la préfecture dans un communiqué.

Il portait une puce électronique implantée sous la peau, conduisant à son supposé propriétaire à Ormesson (Val-de-Marne) mais le vrai maître, qui est en garde à vue, résidait dans l'immeuble.

L'affaire pourrait une nouvelle fois relancer le débat sur le durcissement de la réglementation contre les chiens dangereux, déjà annoncée après plusieurs affaires similaires.

Il n'a pour l'instant jamais été question d'interdire les chiens dangereux dits "d'attaque" type Pitbull ou Rottweiler ou de les éradiquer purement et simplement, alors que leur nombre est estimé à 40.000 dans le pays et que leurs conditions de séjour posent fréquemment problème.

Conformément aux positions des associations de défense des animaux comme la SPA, un lobby puissant en France, qui estiment que c'est plutôt l'environnement des animaux et non les chiens eux-mêmes qui posent problème, le ministère de l'Intérieur a jusqu'ici privilégié la responsabilité des maîtres.

Ceux-ci se voient ainsi théoriquement obligés à une "formation", selon une réglementation annoncée ces dernières semaines. Trois lois dans cet esprit ont déjà été votées en 1999, 2001 et 2007 sur les chiens dangereux.

afp

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