Les choses se corsent – Frieden «n'exclut pas de nouvelles élections»

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Les choses se corsentFrieden «n'exclut pas de nouvelles élections»

LUXEMBOURG - Même si un haut fonctionnaire a, ce jeudi, disculpé Luc Frieden, l'opposition réclame des preuves de son innocence et le ministre des Finances lui-même n'exclut pas la tenue d'élections anticipées.

«Les accusations d'un pacte secret entre Luc Frieden et Pierre Reuland (NDLR: l'ex-chef de la police) ne se sont pas confirmées ce jeudi, mais cela ne signifie pas que Luc Frieden a été disculpé», explique Féliz Braz, de Déi Gréng, à L'essentiel Online. Et le ministre des Finances lui-même n'en semble pas convaincu. «Je n'exclus pas de nouvelles élections», a-t-il révélé après son passage devant la commission juridique de la Chambre, mercredi soir.

Gast Gibéryen (ADR) a encore enfoncé le clou: la Chambre serait en train de débattre de la procédure législative en cas d'élections anticipées. Entendu par la commission juridique ce mercredi, Guy Schleder, administrateur général au ministère de la Justice, a dit ne pas être au courant d'un quelconque accord entre Luc Frieden et Pierre Reuland, au sujet de la loi concernant l'entrave à la justice.

L'opposition pas prête à abandonner

Guy Schleder avait était cité par Robert Biever comme une des personnes qui auraient été au courant de ce pacte entre Luc Frieden et Pierre Reuland, qui visait à protéger les policiers qui auraient volontairement retenu des preuves. Un nouveau moyen d'empêcher l'avancement de l'enquête sur le Bommeleeër, selon Biever. Reuland aurait même été «irrité que le texte de loi ne corresponde pas à ce qui avait été convenu». M. Schleder, quant à lui, a continué à tout nier en bloc.

Alex Bodry, président du parti socialiste, avait déjà réclamé, mercredi matin, «des faits» et pas seulement des paroles. Félix Braz reste aussi sceptique: «M. Frieden nous a confirmé qu'il avait bien rencontré Reuland à ce sujet, mais qu'il n'y avait jamais eu de pacte». Et de poursuivre: «Par contre, il n'a pas pu nous expliquer quelle a été sa réponse exacte par rapport à sa demande. Il a dit qu'il ne se rappelait plus en détail de toutes les conversations qu'il avait eues il y a cinq ans».

Xavier Bettel (DP) partage le ressenti de M. Braz: «Ce n'est pas oublié, ce n'est pas fini. Nous voulons trancher sur des faits et pas des suppositions». La commission a d'ores et déjà demandé à l'actuelle ministre de la Justice, Octavie Modert (CSV), de leur faire parvenir jusqu'à mercredi prochain le document récapitulant la genèse exacte de la loi portant sur l'entrave à la justice.

(Laurence Bervard/ L'essentiel Online)

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