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Coronavirus au LuxembourgGare à la saturation du système des tests

LUXEMBOURG - 325 741 tests ont été effectués depuis le début de la crise. Mais alors que la deuxième vague est là, des éléments font craindre une surcharge des labos.

«Le diagnostic chez la personne symptomatique reste toujours prioritaire devant tout dépistage pour divers motifs», explique le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit.

«Le diagnostic chez la personne symptomatique reste toujours prioritaire devant tout dépistage pour divers motifs», explique le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit.

Editpress

Le Luxembourg, au risque de s'attirer la crainte de ses voisins face au nombre de cas qui augmente, reste fidèle à sa stratégie de tests massifs de sa population et des travailleurs frontaliers. Selon les chiffres communiqués vendredi, 325 741 tests ont d'ores et déjà été effectués dans le pays depuis le début de l'épidémie. Mais il existe dans le même temps un risque de «surcharge des laboratoires», a indiqué le directeur de la Santé, Jean-Claude Schmit. Ce dernier a d'ailleurs indiqué, plus tôt vendredi, que l'inspection sanitaire ne pouvait actuellement plus rechercher les contacts des personnes infectées, dans le contexte actuel de flambée du nombre de contaminations.

La saturation redoutée est le fruit de plusieurs facteurs. Déjà, il semblerait que de nombreuses personnes asymptomatiques souhaitent se faire tester. «Le diagnostic chez la personne symptomatique reste toujours prioritaire devant tout dépistage pour divers motifs», explique Jean-Claude Schmit, martelant «une très grande charge de travail ces derniers jours» dans les laboratoires. Sans priorité, le système d'analyses médicales risque même d'être mis en péril, avec au mieux un retard dans les résultats, au pire «l'impossibilité technique d'accepter encore des échantillons».

Une hotline en cas de doute

Dans une circulaire, le directeur de la Santé rappelle qu'il est important «de bien choisir les indications des tests» lorsque l'on se présente hors du cadre du «large scale testing» et sans indication médicale directe. Et sans aucun symptôme, donc. Si une personne asymptomatique se présente pour faire un test dans l'objectif de voyager à l'étranger, elle «devra supporter le coût du test». Selon Jean-Claude Schmit, les médecins eux-mêmes «sont submergés de demandes pour faire des tests chez des personnes sans symptômes, pour savoir, pour voyager, à la demande d’un employeur, en prévision d’une visite à une personne vulnérable...».

Il est important de rappeler qu'en cas de contact avec une personne infectée, grâce au tracing, les cas contacts seront sollicités par l'Inspection sanitaire, qui enclenchera ensuite automatiquement un test voire une mise en quarantaine. «En cas de doute, la personne peut appeler spontanément l’Inspection sanitaire à la hotline 247- 655 33. Mais il est inutile de faire un test PCR avant le 5e jour après le contact possiblement contagieux, sauf s’il existe des symptômes», développe M. Schmit.

Pour éviter cette saturation, quelques règles de bon sens s'appliquent aussi. «Tout le monde ne doit pas se faire tester un samedi par pure convenance personnelle». De la même manière, il est déconseillé de se présenter spontanément aux urgences de l'hôpital, «qui n’ont pas vocation à devenir des centres de prélèvement Covid-19». «Tous les laboratoires d’analyses médicales sont actuellement en train d’augmenter leurs capacités de test et nous évaluons comment on pourrait réorienter certaines ressources du Large Scale Testing, afin de soutenir le diagnostic clinique», veut aussi rassurer Jean-Claude Schmit.

(L'essentiel/Nicolas Chauty)

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