Gazprom coupe le robinet de gaz à l'Ukraine

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Gazprom coupe le robinet de gaz à l'Ukraine

Depuis ce matin, le géant russe après plusieurs avertissements, a réduit de 25% ses livraisons de gaz à l’Ukraine. Au moment où le dirigeant de l’entreprise, Dmitri Medvedev accède au Kremlin.

Selon la société ukrainienne des gazoducs Uktransgaz, la réduction serait en réalité de l'ordre de 35%. Après un premier télégramme annonçant une baisse de 25% du volume du gaz destiné à l'Ukraine, «nous avons reçu un nouveau message annonçant une nouvelle réduction supplémentaire de 10%», a indiqué sa porte-parole.

Gazprom n'était pas immédiatement joignable pour commentaire. Le président ukrainien Viktor Iouchtchenko de son côté a réagi lundi en plaidant pour des «négociations dynamiques» avec Gazprom afin d'éviter «une guerre du gaz».

Gazprom avait auparavant pris soin de rassurer ses clients européens, dont les livraisons transitent à hauteur de 80% par l'Ukraine, affirmant qu'ils ne seraient pas affectés par la coupure. Une première crise entre les deux pays début 2006 avait conduit à une brève interruption de l'approvisionnement en gaz de l'Europe. La Commission européenne a appelé les deux parties à «trouver rapidement une solution définitive à cette question commerciale».

Les relations russo-ukrainiennes se sont singulièrement tendues depuis la Révolution orange de fin 2004. Gazprom a toutefois fait savoir qu'il était «disposé à poursuivre les négociations avec la partie ukrainienne».

Une bataille de chiffres

La coupure de lundi est la conséquence de l'échec des négociations qui se sont déroulées par intermittence tout au long du mois de février, au cours duquel les intéressés se sont mutuellement rejeté la faute et envoyé des chiffres contradictoires à la figure.

Gazprom réclame actuellement 600 millions de dollars aux Ukrainiens, correspondant à un volume consommé de 1,9 milliard de mètres cubes. La partie ukrainienne avait de son côté annoncé la semaine dernière avoir réglé la partie de l'ardoise correspondant à 2006 et 2007, soit plus de 700 millions de dollars.

Le coup d'éclat de Gazprom est intervenu au moment même où Dmitri Medvedev, qui préside son conseil d'administration depuis 2000, était déclaré vainqueur de la présidentielle russe. Il devrait quitter son siège mais la politique de l’entreprise ne devrait pas changer, selon les experts.

MC avec AFP

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