Etats-Unis – George H.W. Bush, héros de la guerre froide

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États-UnisGeorge H.W. Bush, héros de la guerre froide

Le 41e président américain s'est éteint vendredi. Il avait fait face avec doigté à la dislocation de l'URSS.

Il faisait partie des présidents qui, faute d'avoir été réélus, doivent sortir par la petite porte de l'histoire. Et pourtant, depuis son décès vendredi à l'âge de 94 ans, la magnitude des défis que le président George Bush a confrontés lorsqu'il occupait le Bureau ovale entre 1989 et 1993 revient en pleine lumière. Tout le week-end, les hommages ont afflué et Donald Trump a annoncé une journée de deuil national, le 5 décembre.

«Il a gouverné durant les quatre années les plus mouvementées de ma vie», se souvient Jussi Hanhimäki, professeur à l'Institut de hautes études internationales et du développement et spécialiste des États-Unis. «On a oublié à quel point les événements se sont succédé rapidement entre la chute du mur de Berlin en 1989 et la fin de l'Union soviétique deux ans plus tard. La principale réussite de ce président, c'est d'avoir su éviter une catastrophe majeure en accompagnant le processus».

«Le mieux préparé depuis la Seconde Guerre mondiale»

Face à la décomposition du bloc de l'Est, George Bush a deux hantises: voir l'URSS sombrer dans des conflits régionaux et les armes nucléaires soviétiques tomber en de mauvaises mains. Les premiers ne seront qu'extrêmement localisés et les secondes seront soumises à un mécanisme conjoint de contrôle. Pour Jussi Hanhimäki, «le mérite premier de l'ancien président est d'avoir évité une catastrophe».

Il faut dire qu'en prenant les rênes du pays, ce fils de bonne famille de la côte Est possédait un épais CV en matière de relations internationales. «George Bush était le président américain le mieux préparé pour cette fonction depuis la Seconde Guerre mondiale, à l'exception de Dwight Eisenhower», souligne le professeur. Vétéran du Pacifique, membre de la Chambre des représentants, ambassadeur aux Nations unies, envoyé en Chine populaire, directeur de la CIA et vice-président de Ronald Reagan, autant de rôles qui ont modelé son approche prudente des relations internationales.

Réélection ratée

«En tant que dernier président à avoir lui-même combattu, il a pris sa mission de commandant en chef très au sérieux», ajoute-t-il. La guerre, George Bush la déclenche en 1991 contre l'Irak, mais avec l'aval des Nations Unies, contrairement à son fils douze ans plus tard. Malgré ces succès en politique internationale, il ne parvient toutefois pas à être réélu alors que l'économie donne des signes d'essoufflement. Face au jeune et charismatique Bill Clinton, cet homme de dossiers plutôt réservé ne convainc guère. «Et les points marqués à l'étranger n'étaient plus d'aucune utilité une fois la guerre froide terminée», conclut Jussi Hanhimäki.

«Votre succès, c'est le succès de notre pays.» Cette phrase, griffonnée à la main sur un papier à en-tête de la Maison-Blanche, conclut une lettre adressée par George Bush à son successeur. Elle témoigne aussi d'une époque où la politique, aux États-Unis, n'avait pas encore pris les accents ultrapartisans qu'on lui connaît aujourd'hui.

(L'essentiel)

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