Football: «Gerson Rodrigues va découvrir un mode de vie différent»

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Football«Gerson Rodrigues va découvrir un mode de vie différent»

Un coach portugais, ex-entraîneur en BGL Ligue, et actif en Arabie Saoudite depuis trois ans, présente la venue de Gerson Rodrigues au club d’Al-Wehda La Mecque.

par
Jean-François Colin
Paulo Gomes connaît bien le championnat saoudien.

Paulo Gomes connaît bien le championnat saoudien.

D’entrée, le technicien portugais relativise la chute du club de La Mecque en Division 1 (2e niveau). «C’est un club de tradition en Pro League (l’élite du football saoudien). Pas sur le même pied que les ténors (Al-Hilal, Al-Ittihad, Al-Shabab…), mais il s’est tout de même qualifié pour la Coupe d’Asie en finissant troisième il y a deux ans. Il a ensuite connu une saison plus compliquée, chutant dans l’antichambre au terme de la saison dernière, mais c’est dû au fait que tous les clubs sont très proches, car le gouvernement saoudien apporte son soutien financier à chacun. Le championnat est très compétitif».

Mais c’est bien un club de l’élite que l’attaquant international luxembourgeois (47 sélections, 12 buts) prêté par le Dynamo Kiev va intégrer cet été, puisqu’au terme de cette saison, Al-Wehda a terminé troisième, accrochant in extremis la promotion en Pro League. «La particularité est qu’il s’agit d’un club basé à La Mecque, la ville sainte de l’Islam. En conséquence, Gerson, qui n’est pas de confession musulmane, pourra juste s’y rendre pour… jouer les matches dans le stade King Abdul Aziz», explique Paulo Gomes. «Pour le reste, il habitera vraisemblablement à Djeddah, une très jolie ville sur la mer Rouge à une heure de route de La Mecque, où est d’ailleurs situé le centre d’entraînement d’Al-Wehda.

Gerson Rodrigues sera «l’un des sept éléments étrangers de l’équipe», certifie celui qui vient de décrocher le titre en Division 1 à la tête d’Al-Khaleej. «Ils ont augmenté le quota de joueurs étrangers, ce qui va encore renforcer le niveau d’une compétition dont tous les matches sont retransmis en direct à la télévision».

Paulo Gomes le souligne: «Tout est extrêmement professionnel, dans l’approche, les infrastructures, la mentalité. C’est comparable aux clubs européens, même si le niveau est inférieur à celui des cinq grands championnats du Vieux Continent. Mais n’oublions pas que l’Arabie saoudite s’est qualifiée pour la prochaine Coupe du monde au Qatar, avec pratiquement que des joueurs qui évoluent au pays».

«Aucun souci à se faire» financièrement

Si, financièrement, l’attaquant à la coiffure rasta n’a «aucun souci à se faire», il devra s’habituer à «un mode de vie différent et une mentalité moins ouverte qu’en Europe. Il n’y a pas d’alcool, et ce n’est pas toujours facile de s’adapter. Mais vu que Gerson est un globe-trotter, je suis certain que cela ne devrait pas lui poser de problème», dit le Portugais.

Par ailleurs, si les températures sont actuellement de 45-46°C à La Mecque, le mercure descend au plus bas à une trentaine de degrés au cœur de l’hiver, en décembre-janvier. Il fera donc chaud dans le stade King Abdul Aziz (38 000 places), non climatisé, où se produisent les «Fursan Mecca» («Chevaliers de La Mecque»), surnoms des joueurs d’Al-Wehda, mais pas nécessairement dans les tribunes: «Ce club ne figure pas parmi les clubs les plus populaires du pays. Cinq à six mille personnes garnissent habituellement les tribunes, surtout que les fans ont un peu boudé cette saison leur équipe descendue dans l’antichambre».

Un autre élément important dont il faut tenir compte, «c’est l’immensité de ce pays (plus de 2 millions de km², soit quatre fois la France). Les déplacements sont parfois très longs, car il faut prendre deux ou trois vols pour rejoindre les plus petites villes, via la capitale, Riyad. Cela engendre parfois de la fatigue dans les organismes, surtout vu la chaleur ambiante».

Quant au style de jeu qui sera développé, c’est un peu la bouteille à encre. «Tout dépend de l’entraîneur», lâche Paulo Gomes. En l’occurrence, un nouveau technicien vient de débarquer dans le club dont le palmarès comporte deux Coupes du Roi, l’Italo-Bosnien Bruno Akrapovic (54 ans). «Mais les coaches font souvent long feu là-bas. Il suffit de deux ou trois défaites, et on peut même se faire limoger après une victoire. Mais c’est comme partout, finalement…».

Après le Swift, Kayl-Tétange, le Racing, le Fola Esch, Sheriff Tiraspol, Telstar, Jubilo Iwata, le Dynamo Kiev, Ankaragüçü, Troyes et Eyüpspor, Gerson Rodrigues s’apprête donc à ouvrir à 27 ans le 12e chapitre d’une carrière déjà bien remplie et mouvementée. Son aventure dans le plus grand pays du Golfe persique prendra-t-elle les allures d’un conte des mille et une nuits?

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