Portrait au Luxembourg: Grâce à un four dans son appart en Italie, il change de vie au Luxembourg

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Portrait au LuxembourgGrâce à un four dans son appart en Italie, il change de vie au Luxembourg

ESCH-SUR-ALZETTE – Contrôleur financier, Simon Loutid a décidé il y a un an de changer de vie pour se lancer dans la pâtisserie au Luxembourg. Et la recette a plutôt bien pris. Rencontre.

par
Nicolas Chauty

Avoir un vrai four chez soi, on ne le soupçonne pas, mais ça peut changer une vie! Parlez-en à Simon Loutid. Ce Français de 29 ans avait un destin tout tracé: diplôme d'école de commerce décroché à Paris, puis un poste de contrôleur financier à l'Université du Luxembourg. Sauf qu'entre les deux, il est parti vivre quelques mois à Turin, en Italie, pour un volontariat et c'est là qu'il a eu un déclic. «Contrairement à mes petits studios jusque-là, cette fois j'avais un four dans mon appartement», raconte le jeune homme, qui commence alors à s'éclater en cuisine.

«J'ai d'abord testé les macarons, je les apportais au travail. Puis j'ai fait des nouvelles recettes…» Une vraie passion qui lui rappelait ses jeunes années, derrière les fourneaux avec sa maman. La mission italienne n'était pas encore terminée qu'il décidait même de passer, et d'obtenir, son CAP pâtissier en candidat libre en France. «Je n'avais pas d'idée derrière la tête à ce moment-là», explique Simon. D'ailleurs, on est en septembre 2020, et quelques jours plus tard il débute son contrat dans la finance à l'Université du Luxembourg.

Collaboration avec des travailleurs en situation de handicap

«Je continuais à faire de la pâtisserie et à la faire goûter à mes collègues». Le soir, le week-end, Simon Loutid commence à imaginer un nom pour une éventuelle future petite entreprise. Il réfléchit même à un packaging et se lance en… juin 2021. Simon met entre parenthèses son activité salariée pour développer au Grand-Duché Simon le Financier, sa petite pâtisserie qui devient très vite bien plus qu'un accomplissement personnel. Le jeune homme, qui a installé son bureau à Esch-sur-Alzette, fait des tests, élabore des fiches techniques pour mettre au point ses cookies, moelleux au chocolat et financiers.

Il se rapproche alors d'un atelier d'insertion professionnelle de la Ligue HMC à Capellen, dont les personnes en situation de handicap produisent les gâteaux. Pour le packaging et l'assemblage, il se tourne dans la même démarche vers les ateliers Kraizberg. Simon et son entreprise donnent donc de l'activité, déjà, à plus d'une quinzaine de personnes aujourd'hui. «Ce n'est pas de la sous-traitance, je suis auprès d'eux. C'est beaucoup de choses à gérer, à synchroniser, presque du 24h sur 24», souligne le jeune entrepreneur.

Les produits sont achetés en circuit court au Luxembourg, sont 100% naturels et les gâteaux sont vendus en ligne ou dans plusieurs points de vente sur le marché luxembourgeois. En avril, Simon est ses équipes ont honoré «209 précommandes, 70 kg de gâteaux!» Simon Loutid n'a «aucun regret» d'avoir abandonné son costume dans la finance. Futurs nouveaux produits, organisation d'événements… il fourmille de projets et d'ambitions pour sa petite entreprise, née sans le savoir dans l'intimité d'un petit appartement à Turin.

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