Au Luxembourg: «Grâce au bureau satellite, j’ai plus de temps avec mes enfants»

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Au Luxembourg «Grâce au bureau satellite, j’ai plus de temps avec mes enfants»

PÉTANGE – PwC a inauguré, il y a quelques jours à Pétange, le septième de ses bureaux-frontière, où peuvent désormais travailler chaque jour près de 350 salariés du cabinet.

par
Nicolas Martin
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Après plusieurs années de recherche, PwC a lancé le concept dès 2018, avant le Covid, et s’appuie désormais sur sept sites délocalisés.

Après plusieurs années de recherche, PwC a lancé le concept dès 2018, avant le Covid, et s’appuie désormais sur sept sites délocalisés.

Vincent Lescaut/L'essentiel

Vincent Lescaut/L'essentiel
Après Wemperhardt au nord, ce fut Oberpallen à la frontière belge puis Esch-Belval début 2020, Wecker à la frontière allemande et enfin trois bureaux au sud cette année, à Mondorf, Pétange et Dudelange.

Après Wemperhardt au nord, ce fut Oberpallen à la frontière belge puis Esch-Belval début 2020, Wecker à la frontière allemande et enfin trois bureaux au sud cette année, à Mondorf, Pétange et Dudelange.

Vincent Lescaut/L'essentiel

«Au lieu de passer treize heures loin de la maison quand je travaille à Luxembourg-Ville, en allant à Pétange je gagne quasiment deux heures par jour avec mes enfants». Résident d’Aubange en Belgique, Björn Louis savoure à fond de pouvoir travailler dans le bureau satellite qu’a ouvert en août dernier le cabinet d'audit et conseil PwC, au rez-de-chaussée de la nouvelle résidence Threeland.

Finis les bouchons, la galère des places de parking, les frais de garderie des petits, son temps de trajet est passé d’une heure à sept minutes. Une révolution pour ce Senior manager, père de trois enfants. «C’est un gain de temps et de confort énorme. En faisant 40 minutes de route au lieu de 1h30 on arrive plus serein au bureau», abonde Virginie Pelaia-Temar, Business executive assistant, qui vit à Moyeuvre en France et profite plusieurs jours par semaine des bureaux-frontière de Dudelange ou Belval.

À toutes les frontières

Après plusieurs années de recherche, PwC a lancé ce concept dès 2018, avant le Covid, et s’appuie désormais sur sept sites délocalisés. Après Wemperhardt au nord, ce fut Oberpallen à la frontière belge puis Esch-Belval début 2020, Wecker à la frontière allemande et enfin trois bureaux au sud cette année, à Mondorf, Pétange et Dudelange.

«Nos employés ont beaucoup de problèmes de mobilité et l’objectif n°1 est de réduire le temps que les gens passent pour venir au Luxembourg», insiste Anne-Sophie Preudhomme, COO de PwC, alors que les règles fiscales et de sécurité sociale imposent aux employés frontaliers de travailler sur le sol grand-ducal.

Sur les 3 000 salariés de PwC, près de 1 500 sont frontaliers. Et la société propose chaque jour un total de 350 places dans ses bureaux décentralisés. Soit un peu plus de 10% du personnel et 20% des frontaliers.

À tour de rôle

«Après le Covid, où les gens ont été habitués à travailler plus près de chez eux, devoir revenir dans l’enfer des embouteillages n’est pas simple, ils ont vraiment envie d’utiliser plus ces satellite-offices. Cela nous permet aussi de réduire notre empreinte carbone», insiste Pierre Kirsch, associé de PwC et sponsor du bureau de Pétange, où la soixantaine de places est très prisée. «On demande aux gens de faire des rotations pour que tout le monde puisse en bénéficier», précise Anne-Sophie Preudhomme. Chaque salarié doit ainsi travailler au moins un jour par semaine au siège de la Cloche d’or et peut réserver deux jours dans un même bureau satellite. Parfois trois s’il reste des places. «Tout est digitalisé via une application avec les plans des bureaux», précise Pierre Kirsch.

«On gagne en concentration, car on croise moins des gens avec qui on discuterait, on est moins distrait», souligne Björn Louis. Virginie Pelaia-Temar en profite, elle, pour travailler avec les personnes avec qui elle avait l’habitude de covoiturer vers la Cloche d’or.

Argument d'attractivité

Pour PwC, ces bureaux sont un «facteur d’attractivité», souligne Anne-Sophie Preudhomme. «Il nous revient que beaucoup d’employés se tournent vers leurs employeurs en leur demandant de faire quelque chose d’équivalent». Des projets d’extension, voire de création d’autres bureaux sont à l’étude. Tout dépendra aussi de l’évolution des règles sur le télétravail, privilégié par beaucoup de frontaliers.

Bureaux en open-space, cellules pour s’isoler, mobilier design, salles de réunion, le bureau de Pétange sur 440 m2 se veut dans l'esprit PwC. Même loin du Cristal Park de la Cloche d'or. «Le siège reste très utilisé et loin d’être abandonné. Il y a un mouvement incessant», insiste Anne-Sophie Preudhomme, sans vouloir indiquer ce que coûtent ces bureaux à l’entreprise.

Pétange veut surfer sur la vague

Le bourgmestre de Pétange, Pierre Mellina, ne boude pas son plaisir. «Je n’aurais jamais imaginé qu’un jour PwC, un membre du Big Four, s’installerait ici», admet-il. «À l’époque c’est l’industrie qui a dominé l’activité économique de notre commune. On commence à trouver d’autres sociétés qui veulent s’implanter. On a l’avantage d’être proche des frontières, il faut profiter de cet atout et exploiter davantage ces créneaux.

Près de la gare de Rodange, un investisseur propriétaire d’un terrain veut d’ailleurs déjà faire un grand projet avec des bureaux et des logements. Avec le park and ride, il y aura des opportunités pour développer un site supplémentaire encore plus grand qu’ici».

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