Entente illicite dans le BTP – Grosdidier a porté plainte

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Entente illicite dans le BTPGrosdidier a porté plainte

MOSELLE - Le député-maire de Woippy, mis en cause dans une affaire de captation illicite, a réfuté mercredi les accusations et a porté plainte. Son accusateur maintient et cite une entreprise luxembourgeoise.

Le sénateur-maire de Woippy est mis en cause dans une affaire d'entente illicite dans le BTP en Grande Région.

Le sénateur-maire de Woippy est mis en cause dans une affaire d'entente illicite dans le BTP en Grande Région.

AFP

«Face à ces affabulations et pseudo-révélations, j'ai porté plainte pour dénonciation calomnieuse et violation du secret de l'instruction», a déclaré dans sa mairie le parlementaire à des journalistes. Ces plaintes s'inscrivent dans le cadre d'une information judiciaire en cours à Metz sur un système de captation des marchés publics qui, monté par des entreprises de BTP en Lorraine et au Luxembourg, aurait permis de détourner plusieurs millions d'euros.

Le juge d'instruction Vincent Lemonnier, qui conduit cette information pour corruption passive depuis 2010, doit recevoir dans les prochains jours les résultats de deux commissions rogatoires sur un partage présumé des marchés publics de la région auquel se seraient livré une quinzaine de sociétés, selon une source proche du dossier. La justice a été saisie après qu'en 2009, le dirigeant de l'une de ces entreprises, Patrick Malick, a dénoncé ses collègues à la répression des fraudes (DGCCRF) de Lorraine.

Une affaire téléguidée par un sénateur de Moselle?

Dans l'hebdomadaire Charlie Hebdo de mercredi, M. Malick accuse M. Grosdidier, d'avoir profité de ces pratiques présumées illégales. «J'ai notamment participé à un montage financier afin d'octroyer la somme de deux fois 22 736,92 euros à Monsieur François Grosdidier. Ce montage est intervenu en mars-avril 2008», déclare-t-il notamment à l'hebdomadaire. M. Malick a maintenu mercredi ces accusations. «L'accord pour ce montage a été conclu en mairie de Woippy avec mon associé de l'époque, Jean-Louis Brodevani», a-t-il affirmé dans le cabinet de son avocat à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle).

«Une société luxembourgeoise, la Sotrap, a servi de boîte aux lettres pour le paiement de ces sommes qui, m'a alors dit le directeur de cabinet de M. Grosdidier, "serviront à financer la campagne (NDLR: pour les élections municipales) du maire"», a-t-il précisé. «Pour avoir les marchés (NDLR: à Woippy), il fallait rincer», a-t-il ajouté. La société de M. Malick, la Sores, a obtenu en 2011 un marché de quelque 300 000 euros pour des travaux d'électricité à Woippy, a fait valoir M. Grosdidier. «Pourquoi a-t-elle soumissionné alors que son gérant avait dénoncé aux autorités des marchés présumés truqués?», s'est-il interrogé. «Si j'ai eu ce marché, c'est parce que la répression des fraudes était à l'ouverture des plis. La triche était alors impossible», a répondu M. Malick.

Pour M. Grosdidier, «cette affaire est téléguidée» par le sénateur (non-inscrit) de Moselle, Jean-Louis Masson. Les deux parlementaires lorrains se vouent une animosité réciproque et se combattent depuis plusieurs années devant les tribunaux. M. Masson doit donner jeudi une conférence de presse au Club de la presse de Metz.

(L'essentiel Online/AFP)

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