Hausse des prix: les distributeurs fraudent «légalement»

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Hausse des prix: les distributeurs fraudent «légalement»

Une pratique connue veut que les fournisseurs versent des commissions, en Suisse, aux distributeurs français. Ce qui permet d’échapper au fisc et qui augmente d’autant les prix pour les consommateurs.

C’est ce qu’affirme lundi Jean Arthuis, président centriste de la commission des Finances du Sénat, dans une interview au Parisien de lundi.

«Les fournisseurs référencés (distribués, ndlr) se voient obligés de verser une somme -environ 1% du montant du marché passé- à une société basée en Suisse, chaque grand distributeur possédant sa propre entité juridique hors de France, pour les uns à Zurich et pour les autres à Genève», déclare-t-il.
«Or ces pratiques ne sont ni plus ni moins qu'une nouvelle forme de marges arrière (sommes versées aux distributeurs au titre de la coopération commerciale, ndlr), augmentant d'autant le prix de vente des produits aux consommateurs», souligne Arthuis. «Pis, depuis que l'Etat tente d'imposer davantage de transparence sur les prix, ce phénomène a tendance à se renforcer et le montant des commissions a augmenté», poursuit-il.

Le «gouvernement n'a jamais cherché à mener d'enquête», regrette-t-il, en estimant «entre 500 millions et un milliard d'euros» par an les profits engrangés par les distributeurs par ce canal.

Leclerc a souligné: «nous sommes un groupement d'indépendants et ne sommes donc pas concernés pas ce genre de pratiques. Nous n'avons ni centrale d'achat ni société en Suisse. Nous n'avons pas au sein de l'enseigne de sociétés de ce type».

Une pratique connue

Dans une interview au même quotidien, la ministre de l'Économie Christine Lagarde justifie ces commissions, versées au titre «d'accords multinationaux qui donnent la possibilité aux fournisseurs d'être référencés pour être commercialisés hors de France», selon elle.

Elle estime cependant que «ce genre de pratique» devrait être évité après le vote de la loi de modernisation, présentée au Parlement au printemps, qui permettra aux distributeurs de négocier les tarifs des fournisseurs, ce qu'ils ne sont pas autorisés à faire actuellement.

Interrogé sur Europe 1, le ministre du Budget, Eric Woerth, n'a pas voulu «mettre en cause tel ou tel pays. Vous pouvez très bien avoir de l'argent dans un pays, qui est tout à fait légal et qui est déclaré en France». «Je vois simplement que sur la grande distribution, il y a beaucoup de questions qui se posent», a-t-il ajouté, en invitant à «mettre au clair l'ensemble de la chaîne de distribution».

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