Attentat en 2016 – Huit personnes seront jugées pour l'attentat de Nice

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Attentat en 2016Huit personnes seront jugées pour l'attentat de Nice

L’attentat de la promenade des Anglais de Nice avait fait 86 morts, le 14 juillet 2016. Les suspects sont renvoyés devant la cour d’assises spéciale.

Le 14 juillet 2016, alors que des milliers de personnes célébraient la fête nationale française et assistaient à un feu d’artifice sur le célèbre front de mer niçois, un Tunisien avait fauché 86 personnes en quatre minutes, au volant d’un camion.

Le 14 juillet 2016, alors que des milliers de personnes célébraient la fête nationale française et assistaient à un feu d’artifice sur le célèbre front de mer niçois, un Tunisien avait fauché 86 personnes en quatre minutes, au volant d’un camion.

AFP/archive

Quatre ans après l'attentat de Nice qui avait fait 86 morts sur la promenade des Anglais, les juges d'instruction ont ordonné un procès devant la cour d'assises spéciale pour huit personnes, à la satisfaction des parties civiles qui craignaient l'abandon de toute qualification terroriste. Selon l'ordonnance de mise en accusation signée lundi, par quatre juges antiterroristes et dont a eu connaissance l'AFP, seuls les trois principaux accusés Mohamed Ghraieb, Chokri Chafroud et Ramzi Arefa seront toutefois jugés pour des faits de nature terroriste.

Ils sont soupçonnés par les juges d'avoir eu «conscience de l'existence d'un projet» d'attaque de la part de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans abattu le soir des faits par la police. Ces deux Tunisiens et ce Franco-Tunisien étaient aussi mis en examen pour «complicité d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste», mais les juges ont abandonné cette qualification plus lourde, estimant, comme le parquet national antiterroriste, que les trois hommes n'avaient en revanche pas «de connaissance précise du projet terroriste» de Lahouaiej Bouhlel, pas plus que du «moment de sa réalisation» prévu.

«Sa vie personnelle a été détruite»

Mohamed Ghraieb «n'a strictement aucun lien avec cet attentat, de près ou de loin. La volonté légitime d'organiser un procès ne doit pas se faire à tout prix lorsque les charges sont inexistantes», ont réagi auprès de l'AFP ses avocats, Vincent Brengarth et William Bourdon. Tous mis en examen à l'origine pour des infractions à caractère terroriste, un Tunisien et quatre Albanais sont aussi renvoyés aux assises aux côtés des trois principaux accusés, mais uniquement pour des délits de droit commun, liés à la fourniture d'une arme à Ramzi Arefa et destinée à Lahouaiej Bouhlel. Les juges notent qu'«aucun élément (ne) démontre leur connaissance, même imprécise du projet terroriste» de Lahouaiej Bouhlel.

Hamdi Z., un Franco-tunisien âgé de 40 ans qui a fait plus de deux ans de détention provisoire et qui était depuis juillet 2018 sous contrôle judiciaire, bénéficie quant à lui d'un non-lieu de la part des juges, «nonobstant l'existence d'éléments troublants le concernant». «Sa vie personnelle a été détruite», s'est désolé son avocat, Arié Goueta. Un dixième mis en cause, Aleksander Hasalla, Albanais de 38 ans, s'est suicidé en prison en 2018, après deux ans de détention. Quatre accusés sont actuellement détenus, deux autres sont sous contrôle judiciaire tandis que deux autres sont en fuite et font l'objet de mandats d'arrêt datant d'avril et juillet. Tous peuvent encore faire appel de leur renvoi aux assises. Le procès ne pourra se tenir avant 2022.

(L'essentiel/afp)

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