Concert au Galaxie – Ian Anderson, «Jimi Hendrix de la flûte»

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Concert au GalaxieIan Anderson, «Jimi Hendrix de la flûte»

AMNÉVILLE - Le leader de Jethro Tull rejouera son mythique album «Thick As A Brick» au Galaxie samedi soir.

L’essentiel: Jethro Tull a toujours eu une place à part? Comment votre musique sonne-t-elle si unique?

Ian Anderson: Je ne suis pas vraiment historien de la musique ni journaliste, c’est plutôt à vous de le dire! (rires). Mais ce qui l’a distinguée est certainement l’utilisation de la flûte, car c’est un langage international. Je suis le joueur de flûte le plus célèbre, en tout cas dans le rock. Nous avions débuté comme un groupe de rock, avant d’intégrer à notre musique des éléments de jazz et de classique.

D’où est venue cette idée d’intégrer la flûte dans un univers rock?

Cela vient de mes facultés en tant que musicien. Je n’étais pas un très bon joueur de guitare, et je me suis dit qu’il serait plus intéressant d’apporter quelque chose de différent. Au départ, je traduisais les notes de guitares pour les jouer à la flûte, puis j’ai davantage utilisé les capacités de l’instrument. Certains m’ont surnommé le Jimi Hendrix de la flûte, ça me va. (rires)

Quelles étaient vos influences initiales?

Je dirais que la plus importante fut le blues noir américain, et en particulier le versant acoustique du blues. Mais il y avait également la musique d’église, la musique classique… Puis comme j’avais des amis rockeurs, j’ai dû jouer plus électrique.

Pensiez-vous qu’une musique aussi complexe puisse toucher un aussi grand nombre?

Nous avons débuté comme un groupe de blues, puis nous avons intégré des éléments de jazz. C’est par la suite que notre musique s’est complexifiée, est devenue plus sophistiquée.

Comment vos anciens et plus jeunes fans cohabitent-ils?

La nature de notre musique nous a apporté au départ un public plutôt orienté blues et jazz. Au début des années 70, ces fans qui avaient autour de la vingtaine ont maintenant 50 ou 60 ans. Aujourd’hui, on le retrouve lorsque l’on joue dans les salles. Sur des concerts estivaux, il y a davantage de jeune public. J’aimerais croire qu’il y a une certaine mixité dans notre public. Quoi qu’il en soit, un public ne se rapporte pas à un drapeau, un pays ou une religion. Il est constitué d’individualités propres.

Qu’est-ce que ça fait de jouer «Thick As A Brick» 40 ans après?

Ce n’est pas trop difficile pour moi, puisque ces musiques sont toujours dans ma tête. C’est forcément différent pour les autres musiciens, car ils ont besoin d’intégrer toute l’histoire que le groupe a vécu jusqu’ici.

Vous êtes aujourd’hui le seul membre d’origine du groupe…

Je tiens la barre du groupe depuis 1968. Si j’avais été un homme politique, je serais le Premier ministre, mais un mauvais politicien qui dit la vérité.

Recueilli par Cédric Botzung

Jethro Tull, en concert au Galaxie d'Amnéville, samedi soir, à 20h30.

Prix unique: 53 euros.

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