En France – Il change de visage pour la deuxième fois

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En FranceIl change de visage pour la deuxième fois

Un homme a reçu une nouvelle greffe totale de la face, cette semaine à Paris, après avoir subi un rejet. Une première aux lourdes implications éthiques.

L'opération, très complexe, a été réalisée à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris.

L'opération, très complexe, a été réalisée à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris.

Il est resté un mois et demi sans visage: un homme qui avait reçu une greffe totale de la face il y a plusieurs années a dû en subir une deuxième à cause d'un rejet, cas inédit qui illustre le suivi délicat de ces opérations spectaculaires. Initiée en 2005, cette technique aux lourdes implications éthiques comporte des risques importants de complications. Ils sont dus au phénomène de rejet et aux traitements destinés à l'éviter, qui doivent être pris à vie et abaissent les défenses de l'organisme.

Cette opération complexe a été réalisée à l'hôpital européen Georges Pompidou, à Paris, par une équipe dirigée par le professeur Laurent Lantieri, spécialiste de ces interventions. Elle a démarré «lundi 15 janvier en début d'après-midi et s'est terminée mardi 16 janvier en début de matinée», selon un communiqué de l'Agence de la biomédecine et de l'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP).

«Contraintes sévères»

«La greffe est intervenue sur un patient qui avait déjà bénéficié d'une greffe de face» il y a quelques années et «présentait un rejet chronique», précise le communiqué. Il avait été remis sur liste d'attente le 27 octobre dans l'optique d'une nouvelle greffe de la part d'un donneur décédé. Le 30 novembre, «la gravité du rejet» avait nécessité qu'on lui retire complètement le premier visage greffé. Depuis, il était hospitalisé en réanimation.

Pour la première fois au monde, cette opération «démontre dans le domaine des greffes vascularisées composites (face et main) qu'en cas de rejet chronique, une retransplantation est possible», soulignent l'Agence de la biomédecine et l'AP-HP. Mais elles émettent une réserve de taille: «Cette greffe est soumise à des contraintes immunologiques sévères et seul le suivi à plusieurs semaines confirmera la viabilité du greffon.»

La première greffe du visage au monde, partielle, remonte à 2005 et a été réalisée par l'équipe du professeur français Bernard Devauchelle. Elle avait bénéficié à une femme de 38 ans, Isabelle Dinoire, défigurée par son chien. Cette dernière est décédée en avril 2016 d'une tumeur maligne.

(L'essentiel/afp)

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