Finances au Luxembourg: «Il n'y a pas de marge pour des cadeaux électoraux»

Publié

Finances au Luxembourg«Il n'y a pas de marge pour des cadeaux électoraux»

LUXEMBOURG – Après les mesures de soutien, les pouvoirs publics vont vite devoir resserrer la vis, selon le Conseil national des finances publiques (CNFP). «L'administration centrale resterait déficitaire jusqu'en 2026 inclus».

par
Joseph Gaulier

Getty Images/iStockphoto

Sans surprise, les dernières prévisions budgétaires font état d'une dégradation, par rapport aux précédentes. Cela «reflète la détérioration suite à la crise du Covid-19 et à l'invasion de l'Ukraine par la Russie», indique le Conseil national des finances publiques (CNFP), dans son évaluation liée au Programme de stabilité et de croissance 2022-2026, publiée lundi. «L'administration centrale resterait déficitaire jusqu'en 2026 inclus», indique son président, Marc Wagener.

La situation géopolitique actuelle «influe sur les problèmes d'approvisionnement, les coûts de l'énergie, et surtout, renforce les incertitudes, note Marc Wagener. Les acteurs sont moins incités à consommer ou investir». Le CNFP conseille aux décideurs politiques de «ne pas tenter de pari insensé dans la situation actuelle, même s'il y a bientôt des élections», déclare son président. Actuellement, «il est important de soutenir l'économie, mais il faudra rapidement rentrer dans une certaine consolidation». Selon lui, «la marge des manœuvres est très faible pour des cadeaux électoraux».

L'inflation joue un rôle négatif pour l’État

Le Luxembourg semble cependant limiter les dégâts, surtout en comparaison internationale. Par rapport à la loi de programmation des finances publiques 2021-2025, il n'enregistre qu'une «légère dégradation du solde nominal» des administrations publiques (-50 millions d'euros), car les bons résultats enregistrés en 2021 «sont presque du même ordre de grandeur» que les pertes liées aux conséquences de la guerre en Ukraine. L'inflation joue évidemment un rôle négatif pour l’État, en renchérissant ses coûts, dont les salaires qu'il verse.

Mais la puissance publique «va aussi lever davantage de taxes liées à l'augmentation des prix, alors que les tranches indiciaires poussent les contribuables vers des tranches d'imposition supérieures», reprend Marc Wagener.

4 commentaires