Crise politique – «Il n’y a plus de majorité gouvernementale»
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Crise politique«Il n’y a plus de majorité gouvernementale»

LUXEMBOURG – L’heure est aux règlements de comptes à la Chambre. La majorité gouvernementale est en voie d’implosion. «L’essentiel Online» fait le point avec les chefs de file politiques.

Le vote du rapport final de la commission d’enquête à la Chambre des députés sur les activités du SREL, vendredi dernier, à mis le feu aux poudres. Présidée par le député LSAP, Alex Bodry, la commission a adopté le rapport sans les voix des députés CSV. Depuis lors, le Grand-Duché est confronté à la plus grave crise politique de son histoire: aucun gouvernement du pays n’a jamais démissionné avant la fin de son mandat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Face aux dissensions apparues entre le CSV et le LSAP au sein de la commission d'enquête, Lucien Lux, chef de file du LSAP à la Chambre, avait déclaré dès vendredi que de nouvelles élections seraient «inévitables».

Pour Claude Meisch, chef de fraction du DP, l’issue de la journée ne fait aucun doute: «La situation s’est aggravée depuis les déclarations de Lucien Lux. Il ne faut pas seulement un renouvellement personnel, mais un renouveau politique. Le Luxembourg est dans une phase de plus en plus délicate. Il faut trouver une sortie aujourd’hui». Même son de cloche du côté de Déi Gréng, également dans l'opposition. «Il n’y a plus de majorité gouvernementale, de nouvelles élections apparaissent inévitables», indique François Bausch, chef de fraction. Alex Bodry (LSAP), président de la commission d’enquête SREL, est du même avis. «La solution la plus probable et de retourner aux urnes pour de nouvelles élections, sauf surprise de dernière minute». «Pour nous il y a toujours une majorité, il faudra attendre l’issue des débats», rétorque Gilles Roth, président du groupe CSV à la Chambre.

Un pays sans gouvernement en pleine récession et crise économique, est-ce bien raisonnable? Alex Bodry tempère les inquiétudes: «L’argument de la crise économique et du danger d’une instabilité politique est l’argument de tous ceux qui ne veulent pas de changement. Mais de toute façon, il y aurait eu une pause estivale, et la Chambre ne se réunit jamais avant octobre. Depuis 29 ans que je suis député, la Chambre ne s’est réunie qu’une fois en septembre, c’était dans le cadre des attentats du 11-septembre 2001».

(Chris Mathieu/L’essentiel Online)

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