En Suisse – Il souhaite vendre sa peau tatouée aux enchères

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En SuisseIl souhaite vendre sa peau tatouée aux enchères

Ce trentenaire suisse veut que les dessins sur son épiderme lui survivent après sa mort. David souhaite débuter les enchères à un peu plus de 70 000 euros.

Clowns diaboliques, têtes de morts, symboles vikings, satanistes ou magiques. David est tatoué de la tête aux pieds. Un processus commencé à l’adolescence et qui s’est poursuivi tout au long de son existence. «Mon corps tatoué est une œuvre d’art et je veux qu’elle me survive», affirme-t-il. Pour tromper la mort, le trentenaire a décidé de mettre sa peau aux enchères. Le deal? Une fois décédé, l’acheteur pourra disposer de son enveloppe corporelle pour l’exposer, après le processus de conservation.

Entre-temps, pour faire patienter le futur possesseur de son épiderme, il se dit prêt à s’exposer vivant, plusieurs fois par année. «Vu le temps passé, la douleur et parce que j’estime que le tatouage est un art, je trouverais dommage que tout cela disparaisse à ma mort», souligne-t-il.

Depuis l’adolescence

Cette idée, il la caresse depuis plusieurs années. Car David est passionné de tattoos depuis l’adolescence. «Mon premier tatouage, j’avais 13 ans et je m’en souviens très bien, raconte-t-il. C’est ma grand-mère qui m’avait donné l’argent pour le faire dans le dos de mes parents». Cette expérience, qui a donné naissance à un scorpion sur sa peau, a été suivie d’innombrables séances de piqûres.

David ne porte pas l’œuvre particulière d’artistes mais il arbore des symboles pour certains ambigus: Walknut viking prisé des milieux suprémacistes blancs, pentagramme et croix inversée, soit une référence sataniste. Le trentenaire se défend de partager des idées d’extrême droite: «Je suis fan de la culture viking, je ne le cache pas. D’ailleurs, mon tatouage, sur la nuque, est bien visible. Je regrette que ces symboles soient repris par ces groupes». Sur sa page Instagram, il aime afficher ses nombreux dessins et des photos dans le style biker gangsta, posant en Harley ou encore avec des armes à feu, à côté de clichés en famille.

Pas pour de l’argent

Il affirme ne pas chercher à gagner d’argent via cette démarche. Le trentenaire assure ne pas avoir de problèmes financiers le mettant dans une situation difficile. David a compté: ses tatouages lui ont coûté entre 27 000 et 36 000 euros. Il dit vouloir débuter les enchères à 74 ou 93 000 euros. «Je n’ai pas de projet particulier si cette vente aboutit, mais en tant que père de famille, je saurai de toute façon quoi faire de l’argent».

«Légalement, cette transaction ne se heurte pas à des obstacles majeurs, analyse Me Valérie Junod, professeure de droit à l’Université de Genève et à Lausanne. Si la vente d’organes est interdite, la peau desséchée du défunt ne peut pas y être assimilée, car il n’y a pas de transplantation possible. Le Code civil prévoit certes que «nul ne peut aliéner sa liberté, ni s’en interdire l’usage dans une mesure contraire aux lois ou aux mœurs». Mais ici la contrariété aux mœurs n’est pas manifeste, le statut d’œuvres d’art des tatouages étant de plus en plus reconnu», relève la spécialiste du droit de la santé suisse.

(L'essentiel/Maria Pineiro)

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