Au Luxembourg – Il transforme des façades en oeuvres d'art XXL

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Au LuxembourgIl transforme des façades en œuvres d'art XXL

ETTELBRUCK – Eric Mangen a passé quatorze jours à recouvrir la façade d'une maison d'une œuvre peinte à la main, l'un de ses plus grands projets à ce jour.

C'est à peine si l'on arrive encore à distinguer les tatouages d'Eric Mangen, sous les épaisses couches de peinture multicolores dont il est couvert. L'artiste-peintre travaille actuellement sur un projet de grande envergure, l'un de ses plus grands à ce jour. C'est harnaché tel un alpiniste qu'il se dirige vers la grue, avant de grimper dans la nacelle et d'activer la manette qui le hisse dans les airs.

Après quelques à-coups, celle-ci s'arrête à douze mètres de hauteur, le long du mur de la façade. Et pourtant, l'artiste a le vertige. «C'est précisément la raison pour laquelle je fais cela, pour surmonter ma peur du vide», souligne t-il. Sa mission: peindre les quatre pans de la façade extérieure d'une maison, ce qui représente une surface de 800 m², «un revêtement peint à la main». Il y passe de 10 à 14 heures par jour.

Des graffitis aux toiles

Eric Mangen peint sans esquisse. Une fois devant le mur, il ne sait «absolument pas» ce qu'il va peindre: «Pour moi, tout part du mouvement». Après le masquage et la sous-couche, il initie une sorte de danse qui le fait se mouvoir, sans réfléchir. «En tant qu'artiste, soit tu es un artisan, soit tu fais un voyage de découverte», explique t-il. Eric Mangen, lui, est un voyageur qui n'a de cesse de se découvrir lui-même et d'apprendre quelque chose sur la peinture, avec chacune des œuvres qu'il réalise.

Eric Mangen est un peintre abstrait. Les renards roses et les arcs-en-ciel sur les façades de maisons ne sont pas sa tasse de thé, trop ennuyeux à son goût, contrairement à l'art abstrait qui, selon lui, permet constamment de percevoir quelque chose de différent en fonction de la perspective. Adolescent, il a démarré avec des graffitis. Aujourd'hui, il peint principalement des toiles. Il garde cependant une fascination pour le format XXL et les œuvres dans les espaces publics. Son rêve serait de réaliser une gigantesque fresque dans la capitale, «juste parce que c'est nécessaire». Il veut rendre la peinture abstraite, cet art dont on ne se lasse jamais, visible.

(Marlene Brey/L'essentiel)

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