Au Luxembourg - «Il y a des inégalités face au Covid, elles sont flagrantes»
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Au Luxembourg«Il y a des inégalités face au Covid, elles sont flagrantes»

LUXEMBOURG – D'après une étude, les ménages n'ont pas été égaux face au Covid-19 selon leurs origines ou revenus. La ministre de la Santé veut en tirer des leçons.

par
Nicolas Martin
La ministre luxembourgeois de la Santé veut tirer des leçons d'une étude dévoilée mardi.

La ministre luxembourgeois de la Santé veut tirer des leçons d'une étude dévoilée mardi.

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«Il y a des inégalités. Elles sont là, elles sont flagrantes et elles doivent être prises au sérieux. C'est un message pour notre système de santé». La ministre de la Santé Paulette Lenert a assuré, mardi, vouloir tirer des leçons d'une étude menée par des chercheurs du Statec et du LISER qui a démontré que le Covid n'a pas frappé de la même manière les ménages selon les revenus ou encore les origines.

«Pour moi, le résultat le plus étonnant ce sont les écarts que l'on trouve encore au Luxembourg dans les hospitalisations Covid selon le niveau de revenus. Dans un pays ou l'accès aux soins est assez aisé, on a toujours des écarts, presque du simple au double dans le risque d'hospitalisation», a insisté le Professeur Philippe Van Kerm de l'Université de Luxembourg et du LISER.

«Cela coince au niveau de l'éducation à la bonne santé»

«Le deuxième résultat surprenant, ce sont les écarts marqués selon le pays de naissance. On a des taux de contamination au-delà du simple au double entre des personnes nées dans des pays d'ex-Yougoslavie ou en Allemagne». Des facteurs tels les interactions, le type d'emploi, la structure familiale ont pu jouer, «mais la taille des écarts est étonnante», ajoute le Philippe Van Kerm. «Et les écarts se retrouvent même dans les hospitalisations, qu'on explique que partiellement par des comorbidités comme l'obésité. On observe aussi des écarts assez forts dans la couverture vaccinale notamment selon le pays de naissance.

«Cela coince à mon avis au niveau de l'éducation à la bonne santé, car l'accès est quasi universel au Luxembourg. Les comorbidités tiennent à l'éducation à la santé. Les programmes de prévention n'atteignent-ils pas tout le monde? C'est une question. On a beaucoup misé sur le multilinguisme dans la pandémie, peut-être faudra-t-il le faire davantage dans la promotion de la santé. Il y a du pain sur la planche. Cela commence dès le plus jeune âge et je vois un grand rôle pour la médecine scolaire», a insisté la ministre.

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