Célébration – Il y a dix ans, l'usine AZF explosait

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CélébrationIl y a dix ans, l'usine AZF explosait

Les Toulousains ont commencé mercredi à marquer en ordre dispersé le dixième anniversaire de l'explosion de l'usine chimique, le plus important accident industriel français depuis 1945.

La cérémonie unitaire a débuté symboliquement à 10h17, heure de la déflagration, devant une stèle érigée près de cette ancienne usine d'engrais chimiques, filiale du groupe Total. Le maire (PS) de Toulouse, Pierre Cohen, devait présider la commémoration en présence des représentants des associations «Mémoire et solidarité» regroupant les anciens salariés de l'usine, et des organisations «Plus jamais ça» et «Familles endeuillées» qui regroupent les sinistrés.

La cérémonie, sans prise de parole, a été suivie de la lecture par un huissier de Toulouse du nom des 31 victimes. Le secrétaire d'État au Logement, Benoist Apparu, la candidate écologiste à l'élection présidentielle Eva Joly, ainsi que les dirigeants de Force Ouvrière, Jean-Claude Mailly, et de la CGT, Bernard Thibault y étaient attendus. Comme chaque année depuis neuf ans, les cloches des églises de Toulouse devaient retentir au même moment, tandis qu'une messe était prévue à 11h, en la cathédrale Saint-Étienne.

«Avec le groupe Total, il n'y a pas d'arrangement»

Des dizaines d'anciens riverains de l'usine et des militants de la CGT ont pour leur part commencé à se rassembler sur un rond-point à environ deux kilomètres de l'usine aujourd'hui disparue. Leur intention déclarée était de ne pas se joindre à la cérémonie. Pour ces anciens riverains réunis dans l'association «les Sinistrés du 21 septembre», il s'agit de ne pas cautionner un silence complice selon eux sur la responsabilité du groupe Total, en prenant part à la commémoration.

«S'il s'agit de se réconcilier avec le groupe Total, la mairie se trompe d'adresse. Avec le groupe Total, il n'y a pas d'arrangement», devait déclarer dans une prise de parole le président de l'association, Jean-François Grellier. L'explosion de l'usine de fertilisants et de produits industriels de la société Grande Paroisse, connue des Toulousains sous le nom d'usine AZF, a fait 31 morts, des milliers de blessés et des dégâts très lourds. Elle a eu lieu à quelques kilomètres seulement du centre-ville.

Quid de la situation, dix ans après?

Dix ans après, une enquête de plusieurs années et un procès fleuve n'ont pas permis de désigner un coupable. Au cours des débats, plusieurs dizaines d'experts avaient tenté d'établir les causes de cette explosion en invoquant le mélange accidentel d'un stock d'ammoniaque avec un autre de nitrate. Ces deux dérivés chimiques étaient fabriqués dans l'usine dans des conditions de sécurité fréquemment critiquées. Le procès en appel de la catastrophe débutera le 3 novembre prochain à Toulouse. L'usine AZF a été entièrement rasée et a laissé place à un cancéropôle actuellement en phase de finition.

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