Cantines au Luxembourg – «Il y a du choix, c'est bon et après t'as plus faim»

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Cantines au Luxembourg«Il y a du choix, c'est bon et après t'as plus faim»

LUXEMBOURG - La restauration scolaire luxembourgeoise continue sa transformation pour aller vers plus de durabilité. Jusqu'à présent, les élèves apprécient.

Les cantines veulent s'orienter vers plus de durabilité.

Les cantines veulent s'orienter vers plus de durabilité.

«Il y a beaucoup de choix, c'est une bonne chose», lance une élève devant les reliefs de son repas, une bouchée à la reine. «Il y a beaucoup pour les végétariens, ou les véganes, il y a toujours un choix», ajoute sa camarade, à la même table de la cantine du forum Geesseknäppchen, après avoir mangé ses lasagnes végétariennes, ce midi. Pour la troisième jeune fille, élève comme les deux autres en classe de 5e au lycée Michel-Rodange, «c'est bon, on a toujours bien mangé, ici. Et tu n'as plus faim, après ça, les portions sont assez grandes».

Si l'orientation des établissements de Restopolis vers plus de bio, de local et de végétarien est «une bonne chose», pour les trois jeunes filles de 14 ans, elles ne sont pas «convaincues que ça aide à faire venir plus d'élèves» à la cantine. Cette orientation se décline désormais dans six axes, présentés mardi matin par le ministre DP de l'Éducation nationale, Claude Meisch. «Restopolis est très à l'écoute des élèves, des étudiants, des jeunes mais aussi des enseignants, et maintenant ils font un pas supplémentaire pour un développement plus durable», explique le ministre.

«Le plaisir de bien manger»

Cette orientation durable est définie dans le concept «Food4Future», élaboré en faisant participer les élèves dans le cadre des rencontres ClimateXchange. Les produits locaux doivent être valorisés. «Il y aura plus de produits végétariens, plus de produits véganes, mais aussi plus de producteurs locaux, bio...Et une tendance pour réduire le gaspillage alimentaire». Les clients pourront ainsi, par exemple, réserver leurs plats à l'avance pour réduire le gaspillage en connaissant les besoins du jour.

Le tout, sans oublier le goût. «Notre slogan reste et restera "le plaisir de bien manger"», martèle Monique Ludovicy, qui dirige Restopolis. «Avec cette approche Food4Future, on peut prendre des repas très sympas et qui font plaisir», souligne-t-elle. «Restopolis doit créer une ambiance conviviale et proposer des menus au goût des convives», ajoute Claude Meisch.

Le ministre Meisch a déjeuné à la cantine avec les élèves.

Les avocats et les crevettes, c'est fini

Voici les six «RestoGoals» de Food4Future:

1. Le plan Pan-bio 2025

D'ici 2025, les établissements de restauration collective subventionnés par l'État devront proposer 50% de produits issus de l'agriculture luxembourgeoise, dont 2/5e bio et 3/5e de l'agriculture locale avec une priorité accordée aux producteurs en conversion vers le bio. Si un produit n'est pas disponible au Luxembourg, la priorité est donnée à la Grande Région et Restopolis ne proposera plus de produits venant d'autres continents. «Il n'y aura pas de crevettes et d'avocats à l'avenir dans les restaurants de Restopolis. Ça ne fait aucun sens d'avoir «un produit bio qui a fait 10 000 km», glisse Monique Ludovicy, de Restopolis.

2. Nouvelle offre de repas

L'offre végan de ce mercredi, avec houmous et falafels.

Les cantines proposeront une offre végétarienne plus étendue, avec des plats dédiés et développeront aussi l'offre végane. Ainsi, après la rentrée de la Toussaint, les établissements autour du forum Geesseknäppchen lanceront le projet pilote «Veggie Monday», avec des plats uniquement végétariens au menu. La viande sera, elle, utilisée de manière plus responsable.

3. Achats en circuits courts

Les cantines vont s'approvisionner autant que possible avec des produits du Luxembourg et de la Grande Région. En outre, les cuisiniers travailleront des produits de saison et, à Walferdange, sur le site eduPôle, un projet pilote est lancé pour produire des légumes sur place. Objectif: réduire au maximum les distances de transport.

4. Prévention des déchets

Restopolis continue à réduire les déchets, notamment plastiques, en préférant les produits réutilisables, les emballages végétaux ou les produits sans emballages. Les bouteilles en plastique sont aussi de moins en moins nombreuses.

5. Lutte contre le gaspillage

La restauration scolaire ambitionne aussi de lutter contre le gaspillage alimentaire. La réservation de repas doit ainsi être développée, mais aussi les plats AntiGaspi, des plats de la veille à nouveau proposés et identifiés ainsi. Les fruits et légumes «pas beaux», qui sont souvent jetés avant d'arriver sur les étals des commerces, seront eux aussi utilisés pour la confection des plats.

6. Sensibilisation à une alimentation durable

Des semaines thématiques pour présenter les objectifs de Food4Future vont être organisées tout au long de l'année scolaire. Et Restopolis sensibilisera ses clients à une alimentation durable.

(jw/L'essentiel)

Plus de 45 000 repas par jour

Restopolis gère 87 établissements de restauration scolaire et universitaire à travers le pays. En moyenne, 15 750 repas sont servis chaque jour dans les cantines et près de 30 000 dans les cafétérias des établissements scolaires.

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