Education au Luxembourg: Ils habitent à l'étranger mais vont à l'école au Grand-Duché

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Éducation au LuxembourgIls habitent à l'étranger mais vont à l'école au Grand-Duché

BELVAUX/RÉDANGE – Peut-on vivre dans un pays voisin et mettre ses enfants à l'école au Luxembourg? Oui mais sous certaines conditions.

par
Nicolas Martin
L'an passé près de 400 élèves au fondamental vivaient à l'étranger.

L'an passé près de 400 élèves au fondamental vivaient à l'étranger.

Editpress

«Ces enfants viennent chez nous en maternelle, car elle est obligatoire dès 3 ans, mais au CP (fondamental) ils partent au Luxembourg. Ils manquent à nos écoles». Maire de Rédange, village français voisin de Belvaux, Daniel Cimarelli voit sa commune grandir à tout vitesse, notamment sous l’impulsion de familles venues du Luxembourg. «D’ici 5 à 10 ans la population (1 000 habitants) devrait doubler. Nous devrons construire une école. Mais comment la calibrer?».

Scolarité débutée au Luxembourg, choix linguistiques... les raisons varient. Mais a-t-on le droit de scolariser ses enfants au Luxembourg en vivant de l'autre côté de la frontière en Allemagne, en France ou en Belgique? La gratuité au Luxembourg (cantines, maisons-relais…) renforce les enjeux.

420 enfants non-résidents au fondamental

«Les parents qui veulent inscrire leur enfant dans une autre école que celle de leur commune peuvent faire une demande à une autre commune», rappelle le ministère luxembourgeois de l'Éducation nationale. Même si la famille ne vit pas au Grand-Duché. Cette requête peut être acceptée «après vérification des motifs valables»: la garde par un membre de la famille jusqu’au 3e degré, un assistant parental agréé, un organisme socio-éducatif reconnu ou encore la situation du lieu de travail des parents.

Voudriez-vous mettre votre enfant à l'école au Luxembourg?

La commune est alors libre «de fixer le montant du minerval destiné à couvrir les frais de scolarité». Selon le maire de Rédange, certains parents invoquent parfois la garde par une grand-mère pour justifier le transfert. En 2021-2022, 420 enfants non-résidents étaient à l'école fondamentale au Luxembourg (121 vivant en Allemagne, 78 en Belgique, 221 en France). Un chiffre «relativement stable ces dernières années».

Un parcours franco-luxembourgeois

Comme pour les chèque-service accueil (CSA) «tous les enfants résidents ou non peuvent bénéficier de la gratuité de l’accueil et des repas dans les structures prestataires du CSA (maison relais, assistants parentaux). Même un enfant non-résident «dont au moins un des parents travaille au Luxembourg et qui ne serait pas scolarisé au Luxembourg aurait théoriquement droit à la gratuité», insiste le ministère.

En France, Nolwenn Haas, déléguée au Transfrontalier et à l’Allemand au rectorat de la région académique Grand Est et de l’académie de Nancy-Metz, a connaissance du phénomène et confirme la difficulté d’en mesurer l’ampleur. «Une famille qui s’installe dans la commune n’est plus obligée de se déclarer à la mairie. On manque d’informations fiables sur les effectifs avant l’inscription à l’école». Difficile aussi de chiffrer la «déperdition d’élèves à l’issue de la maternelle. On sait seulement qu’il y a dans des écoles frontalières comme l’école internationale de Dudelange environ 15% de résidents en France».

Et d’ajouter : «C’est très dommage. Cela signifie-t-il que notre système scolaire manque d’attractivité ? Parfois l’enfant n’est pas assez à l’aise en langue française ou les parents ne s’estiment pas en mesure de l’aider dans sa scolarité dans cette langue». Mais «nous avons aussi des élèves dont les parents résident au Luxembourg qui vont à l’école en France», rappelle Nolwenn Haas. Elle ajoute que des deux côtés de la frontière, on travaille actuellement sur un parcours franco-luxembourgeois où l’on passerait d’une école à l’autre en cours de cursus.

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