Série luxembourgeoise – Ils ont réalisé les plans aériens pour «Capitani»

Publié

Série luxembourgeoiseIls ont réalisé les plans aériens pour «Capitani»

LUXEMBOURG - Fous de cinéma, implantés au Grand-Duché, Idir et Maksen Mancer ont réalisé les plans de drones de la saison 2 de la série luxembourgeoise de Netflix.

Il y a sept ans, ils plaquaient leur boulot et se lançaient dans un rêve de gosse… en filmant des mariages. Il y a six mois, ils réalisaient les plans aériens de la saison 2 de la célèbre série luxembourgeoise de Netflix, «Capitani». La carrière des frères Idir et Maksen Mancer a pris son envol. Suivant la trajectoire d’un drone. Rien, pourtant, ne prédisposait ces frangins de Villerupt, issus d’une famille kabyle, à une carrière artistique.

Rien, hormis cette passion du cinéma que Maksen a transmise à son petit frère. «J’ai été biberonné au cinéma américain. J’étais bénévole dans un ciné. Je faisais la caisse et j’allais voir des films. Une vraie boulimie. Mais ça ne me suffisait plus». Maksen commence à écrire des scénarios à tourner un peu, et quand son frère Idir, employé d’Utopolis au Kirchberg, «lassé de la routine d’une vie de frontalier» décide de quitter son job pour tenter l’aventure, il lui emboîte le pas. Avec femme et enfant, Maksen rentre du Québec, où il travaillait comme gérant d’un multiplex. Du bout de la chaîne du cinéma, les deux frères repartent du début.

«On ne connaissait personne dans ce milieu, il a fallu trois ans pour se fondre dans le paysage. C’était laborieux». Courts métrages, vidéos d’entreprises... En 2013 ils flairent l’essor des images de drone et sont parmi les premiers dans la région à se spécialiser. Idir se forme comme pilote, Maksen comme cadreur. Et leurs images cartonnent. Un déclic. Les projets s’enchaînent, surtout au Luxembourg. Pour des marques (Vinsmoselle…), des organismes (CNA), la télé (Marathon ING) et le cinéma où les studios luxembourgeois leur font confiance. Les frères investissent dans plusieurs drones de 2 000 à 15 000 euros, de 30 cm à 1,5 m d’envergure. «La demande de plans aériens est grandissante et même quasi systématique. Le drone a démocratisé ça pour des projets plus petits. Quand un hélico coûte 10 à 15 000 euros la journée, un drone c’est dix fois moins». Le duo, qui travaille 80% du temps au Luxembourg, y installera sa société Dark M Studio dans les prochains mois.

Aujourd’hui, ils jonglent entre les projets pour des entreprises, pour des collectivités mais aussi le cinéma où ils se sont fait un nom dans la région. Ils ont notamment réalisé les plans aériens du docufiction An Zéro produit par Skill Lab et ont passé entre mars et juin trois mois à travailler pour la série «Capitani» de Samsa production. Un défi XXL. «On a toujours apprécié bosser avec Samsa. Et "Capitani" ne se refuse pas». Si la saison 1 avait mis le cap au Nord, la saison 2 les a conduits au cœur de Luxembourg-Ville près de la gare, du pont Adolphe et dans le sud du pays à Esch-Belval. Ils n’en diront pas plus. De 5 m à 120 m de haut, en time-laps, en suivi d’acteurs ou de course poursuite, tout était millimétré.

«Jusque-là, c’était notre plus gros projet, en temps passé et en quantité d’images, soulignent les deux frères. Cela nous a pris trois mois de mars à juin et dix jours de tournage. Nous dépendons aussi des conditions climatiques. C’était beaucoup de préparation. L’aviation civile luxembourgeoise nous a bien accompagnés». Car pas question de ralentir le tournage et multiplier les prises, même quand il fallait suivre une voiture lancée à 100 km/h. «L’ambiance sur le tournage était superbe. Très pro, mais tout le monde travaillait dans la bonne humeur», racontent-ils, impatients de voir leurs images intégrées à la série qui doit sortir en mars 2022.

«On adore filmer à Luxembourg. Entre le cadre, l’architecture, l’éclairage, on est souvent bluffés et surexcités par les images que l’on découvre», raconte Idir, qui s’inquiète que la nouvelle législation européenne limite les possibilités. «Avec cela, on n'aurait pas pu faire tout ce qu’on a fait sur "Capitani". C’est bien de fixer un cadre légal mais on est inquiets car il faudrait alors beaucoup plus d’autorisations et même boucler des rues entières pour le moindre essai». Et le duo a plein de projets dans les cartons, à commencer par son but ultime: réaliser ses propres films de A à Z. «C’est pour ça qu’on a créé Dark M Studio, pas uniquement pour faire du drone».

(Nicolas Martin/L'essentiel)

Ton opinion