CAN-2022 – Ils se font vacciner pour voir leur équipe nationale

Publié

CAN-2022Ils se font vacciner pour voir leur équipe nationale

À deux jours de l'ouverture de la Coupe d'Afrique des Nations, de nombreux Camerounais acceptent de se faire vacciner, une des deux conditions pour assister aux matchs.

La vaccination est l'une des deux conditions pour assister aux matches de la Coupe d'Afrique des Nations qui débute dans deux jours.

La vaccination est l'une des deux conditions pour assister aux matches de la Coupe d'Afrique des Nations qui débute dans deux jours.

AFP/Daniel Beloumou Olomo

«Si je me fais piquer, c'est rien que pour les Lions indomptables. Je suis prêt à mourir pour eux», lance Vincent Nemgne, en se faisant vacciner contre le Covid-19, une nécessité pour acclamer au stade le Cameroun, hôte de la Coupe d'Afrique des nations de football. À deux jours de l'ouverture de la compétition, de nombreux Camerounais dépassent leurs réticences et acceptent de se faire vacciner, une des deux conditions pour assister aux matchs, en plus d'un test PCR négatif de moins de 72 heures ou antigénique de 24 heures.

«Il y a clairement un effet CAN. Nous sommes passés de dix personnes par jour à plus de 100 depuis lundi. Cela augmente de manière exponentielle», explique à le docteur Lucien Mama, coordinateur du site de vaccination du Palais des sports de Yaoundé, la capitale. «Jusqu'à présent, les Camerounais refusaient de se faire vacciner. La CAN a cassé les barrières psychologiques et les hésitations», veut-il croire.

Au Cameroun, vaste pays d'Afrique centrale de 27 millions d'habitants, seulement 6% de la population âgée de plus de 18 ans est officiellement vaccinée, et les deux conditions draconiennes imposées par la Confédération Africaine de football (CAF) pourraient dissuader les supporters de venir massivement au stade, dans un pays où l'on refuse volontiers ostensiblement de porter le masque. Enfin, mardi, une jauge de remplissage des stades à 60% a été annoncée, montée à 80% quand les Lions indomptables joueront.

Réticences nombreuses

Juste à côté du Palais des sports de Yaoundé, ils sont quelques dizaines à attendre leur tour sous la tente. «Je suis venu voir comment ça se passe. J'accepte de me faire vacciner que si j'ai mon ticket pour le match, et pour le moment je ne l'ai pas encore», témoigne Yaya Bachirou, 33 ans.

«Pendant 15 minutes, tu t’assoies et tu ne parles pas», intime une infirmière à un patient après l'injection. «Et tu ne feras pas l'amour non plus aujourd'hui», plaisante sa collègue. La rumeur selon laquelle le vaccin rendrait stérile est très répandue au Cameroun, en plus de bien d'autres idées reçues. «La réticence à la vaccination est liée à une conjonction de facteurs», explique Larissa Kojoué, enseignante-chercheuse à l'université de Buea, dans l'ouest.

«Elle est d'abord liée à la méconnaissance de cette maladie encore récente, à la gestion parfois chaotique de l'épidémie dans le pays, et à une désinformation qui vient principalement d'Europe et des États-Unis, à laquelle a été sensible une grande partie de la population, à commencer par les élites», assure-t-elle.

Les faux passes ne suffiront pas

À Yaoundé, l'obligation vaccinale pour le stade a suscité beaucoup d'amertume. «Je voulais aller supporter les Lions indomptables. On attend ce moment depuis 50 ans. Mais je n'irai pas car je ne veux pas me faire vacciner», tonne Amougou, qui ne veut donner que son prénom. «Ils donnent un produit pour que les Africaines n'accouchent plus», lâche-t-il en finissant de faire ses courses au marché central.

«Si la vaccination est obligatoire, je n'irai pas au stade malheureusement. Je ne vais pas me faire vacciner pour chaque variant et je ne veux pas me faire injecter un liquide que je ne connais pas», confie aussi Dylan, 20 ans, vendeur d'appareils solaires et électroniques.

«Certains spectateurs pensent avoir recours aux faux certificats de vaccination pour accéder au stade mais le dispositif avec le passe sanitaire et le QR Code est suffisamment robuste pour l'éviter», assure le professeur Yap Boum, épidémiologiste et responsable d'un centre de recherche de Médecins Sans Frontière à Yaoundé.

(L'essentiel/AFP)

Ton opinion