Covid au Luxembourg – «Imposons d'abord les premières doses à tous»
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Covid au Luxembourg«Imposons d'abord les premières doses à tous»

LUXEMBOURG - Les soignants se verront proposer une dose de rappel anti-Covid. Elle ne fait pas l'unanimité.

Premiers vaccinés au Luxembourg, les soignants, résidents et frontaliers, pourront avoir une 3e dose.

Premiers vaccinés au Luxembourg, les soignants, résidents et frontaliers, pourront avoir une 3e dose.

AFP/Fred Tanneau

Aide soignante dans un Centre intégré pour personnes âgées (CIPA), Sarah* a reçu il y a déjà un bon moment ses deux premières doses de vaccin anticovid. Mais pour la 3e, officiellement ouverte depuis mardi aux professionnels de santé, elle hésite. «C'est sûr je ne serai pas la première dans la file», confie-t-elle.

«Je connais ma responsabilité vis à vis des personnes âgées et dans mon travail je sais protéger les pensionnaires. Ce n'est pas que cette dose m'inquiète mais ça m'embête que nous soignants devions toujours servir d'exemple. J'ai reçu deux doses et ce n'est pas assez quand certains n'en ont eu aucune. J'aurais préféré qu'on impose déjà les deux premiers aux autres», explique l'aide-soignante, qui admet que c’est n’est pas «l’opinion de tous» parmi ses collègues et la profession.

« Que ce bazar s'arrête enfin»

Dans sa recommandation publiée mardi, le Conseil supérieur des maladies infectieuses (CSMI) a souligné que la dose de rappel peut être offerte aux professionnels de santé, «afin de réduire le risque de transmission aux personnes vulnérables et de limiter celui de pénurie de personnel soignant». «Personnellement, cela ne me dérange pas», confie un infirmier du Centre Hospitalier Emile Mayrisch, à Esch-sur-Alzette (CHEM).

«Je sais que mes anticorps avaient bien baissé depuis la deuxième injection mais je n'ai pas attrapé le Covid donc c'est sûrement à cause de ça. J'ai été vacciné il y a bientôt un an. J'ai des collègues pour qui cela n'est pas un souci comme moi et d'autres qui se disent qu’ils seront obligés de le faire. Mais l’avis général c’est qu’on a surtout envie que tout ce bazar s'arrête enfin».

«En Israel, le booster est efficace»

De son côté l'Association nationale des infirmières et infirmiers du Luxembourg plaide en faveur de cette dose pour les soignants mais pas seulement. «Une troisième vaccination réduit le nombre de personnes infectés par le Covid ainsi qu’une évolution grave de la maladie, souligne Tina Koch, secrétaire générale de l'ANIL.

«Il faudra proposer une dose booster à tout le monde et non seulement aux professionnels de santé pour faire baisser la pression sur les soins intensifs des hôpitaux et le personnel soignant. Si on regarde la situation en Israël, les chiffres nous montrent que le booster a nettement amélioré la situation», précise-t-elle.

«Il faut se fier à la science»

L'association de patients, Patiente Vertriedung, estime par la voix de Georges Clees qu'il ne faut pas griller les étapes. «Si les gens le veulent on ne s'oppose pas à cette 3e dose, mais il serait intéressant de savoir où on en est et de tester de façon systématique le niveau de protection des personnes qui ont été vaccinées».

«Nous appelons à une analyse détaillée et à davantage de recherche pour être certains que c'est nécessaire pour le moment. Cette pandémie est une situation inédite dans laquelle on navigue à vue. Il faut se fier à la science pour voir quelle est le meilleur chemin».

(Nicolas Martin/L'essentiel)

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