Football – Infantino se défend suite à une phrase polémique
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FootballInfantino se défend suite à une phrase polémique

Devant le Conseil de l’Europe, le président de la FIFA a lâché une phrase concernant l’Afrique, qui fait un tollé.

Gianni Infantino a dû se défendre suite à des propos tenus devant le Conseil de l’Europe. Il estime avoir été mal compris.

Gianni Infantino a dû se défendre suite à des propos tenus devant le Conseil de l’Europe. Il estime avoir été mal compris.

AFP

Mercredi après-midi, la FIFA était l’invitée du Conseil de l’Europe à Strasbourg. Gianni Infantino a fait une présentation de 17 minutes. Il y a parlé football en mettant en avant quatre thèmes: les droits de l’homme avec plus particulièrement la situation actuelle au Qatar, les dérèglements dans le système des transferts des joueurs, comment sauver les enfants des abus en tous genres, et le futur du football.

Le président de la FIFA a fini par jouer sur un terrain glissant lorsqu’il a abordé le futur du football mondial et bien évidemment le projet qui lui tient à cœur, celui de l’organisation d’une Coupe du monde tous les deux ans.

Vers la fin de son intervention, il a prononcé une phrase qui n’a laissé personne indifférent. «Nous devons donner de l’espoir aux Africains pour qu’ils n’aient pas à traverser la Méditerranée pour pouvoir peut-être avoir une vie meilleure ici. Nous devons leur donner des opportunités et de la dignité.»

Déroulement des faits

Les propos du Suisse ont été immédiatement et abondamment repris sur la Toile, soit par les médias en ligne, soit par les particuliers. Un raccourci a été fait entre «Coupe du monde tous les deux ans» et «immigration».

Mais qu'en est-il? L’idée n’est pas ici de commenter le discours de Gianni Infantino, ni de savoir si ce qu’il dit est vrai ou faux, mais plutôt comment il l’a dit… L’intégralité de son intervention peut d’ailleurs être écoutée ci-dessus.

«Je suis un fils d’immigré»

«Donner de l’espoir aux Africains»

«L’idée n’est pas de savoir si nous allons organiser une Coupe du monde tous les deux ans, mais de voir ce que le football peut amener au monde. Nous voyons le football se développer dans une direction où certains ont tout et la plupart n’ont rien», a expliqué le Suisse. Il a poursuivi en disant qu’en Europe la Coupe du monde se jouait deux fois par semaine, car les meilleurs joueurs évoluaient en Europe.

«Le football est une belle opportunité d’amener de l’espoir par rapport aux équipes nationales, à la joie et à l’émotion qu’elles procurent. En tant qu’Européens, nous ne pouvons pas dire au reste du monde, donnez-nous votre argent et si par hasard vous avez de bons joueurs, donnez-les nous aussi. Et regardez tout cela à la télévision! Nous devons trouver le moyen d’inclure l’ensemble du monde pour par exemple donner de l’espoir aux Africains pour qu’ils n’aient pas à traverser la Méditerranée pour pouvoir peut-être avoir une vie meilleure ici, mais plus probablement la mort dans la mer. Nous devons donner des opportunités, et nous devons donner de la dignité, non pas en faisant la charité, mais en permettant au reste du monde de participer».

Défendue par Gianni Infantino, l’hypothèse d’une compétition biennale, et non plus quadriennale, est combattue par un front allant des fédérations européennes et sud-américaines jusqu’aux grands clubs. Mais elle bénéficie du soutien unanime des 54 fédérations africaines.

Réactions très violentes

Les propos du patron de la FIFA ont été largement commentés sur les réseaux sociaux. «Jusqu’où peut s’abaisser Infantino. Instrumentaliser la mort en Méditerranée pour vendre son projet mégalomaniaque, laisse sans voix», a réagi Ronan Evain, directeur général du collectif Football Supporters Europe.

«Mes collègues d’Human Rights Watch interviewent des réfugiés partout dans le monde à peu près chaque jour. Nous écrivons des rapports sur les raisons (…) qui les contraignent à quitter leurs foyers. Ils ne mentionnent jamais le calendrier de la Coupe du monde», a ironisé Andrew Stroehlein, en charge des médias dans cette organisation non gouvernementale.

Gianni Infantino se défend

«Étant donné que certains de mes propos (…) semblent avoir été mal interprétés et sortis de leur contexte, je tiens à préciser que, dans mon discours, mon message plus général était que toute personne en position de prendre des décisions a la responsabilité d’essayer d’améliorer la situation des gens dans le monde», s’est-il défendu dans un texte transmis à l’AFP.

«S’il y a plus d’opportunités disponibles, y compris en Afrique, mais bien sûr pas uniquement dans ce continent, cela devrait permettre aux gens de les saisir dans leurs propres pays. C’était un commentaire d’ordre général, qui n’était pas directement relié à la possibilité de jouer une Coupe du monde tous les deux ans», affirme-t-il.

(L'essentiel/Claude-Alain Zufferey/AFP)

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