Coronavirus au Luxembourg – «Infectés en soirée, ils ramènent le virus au travail»

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Coronavirus au Luxembourg«Infectés en soirée, ils ramènent le virus au travail»

LUXEMBOURG - Les nouveaux infectés au coronavirus sont plus jeunes qu'avant. S'ils ne sont pas trop à risque, ils peuvent infecter des personnes plus fragiles.

Beaucoup des nouveaux infectés l'ont été lors de soirées privées.

Beaucoup des nouveaux infectés l'ont été lors de soirées privées.

En une semaine, du 22 au 28 juin, 146 nouvelles infections ont été diagnostiquées au Luxembourg, a indiqué ce mercredi la ministre de la Santé, Paulette Lenert. «Les chiffres ne sont pas alarmants, mais il ne faut pas que ça dégénère. Nous avons plus d'un indice qui montre que le virus est de nouveau en route. C'est normal, nous sommes en plein déconfinement. On peut vivre avec le virus, mais il ne faut pas que cela dépasse un certain seuil», a expliqué la ministre qui veut «anticiper» avant que la tendance ne s'aggrave.

Mais qui sont ces nouveaux patients? «Ce sont souvent des gens infectés lors de fêtes, de soirées et qui ramènent le virus au travail», explique Paulette Lenert. Ces malades sont plus jeunes, avec une moyenne d'âge de 35 ans. 15,2% d'entre eux sont âgés de 25 à 29 ans. «On voit que c'est en corrélation avec les derniers relâchements», indique Paulette Lenert. Il ne s'agit pas d'une population particulièrement vulnérable, donc, mais parmi les contacts identifiés de ces infectés peuvent figurer des personnes plus fragiles qui seraient mises en grand danger par une infection. Plus de 1 000 contacts ont été identifiés, autant de personnes à surveiller.

Des foyers d'infection identifiés

Autre élément: très peu de ces nouvelles infections, environ 10%, ont été diagnostiquées par le biais des tests à grande échelle actuellement en cours. «La plupart des patients ont passé un test normal, parce qu'ils présentaient des symptômes», explique Paulette Lenert. Une vingtaine de nouvelles infections ont aussi été détectées à l'aéroport, les passagers se voyant offrir un bon pour un test à l'atterrissage. «Ce n'est pas alarmant, on peut bien retracer leurs contacts. C'est encore gérable», selon la ministre.

Plusieurs foyers d'infection ont d'ailleurs été identifiés au Luxembourg, même s'ils ne se multiplient pas. Ainsi, 24 personnes ont été infectées lors d'une même soirée privée, ont indiqué Paulette Lenert et le Premier ministre Xavier Bettel. Autre foyer moins important, une entreprise au sein de laquelle dix employés ont été testés positifs. Là encore, chacune de ces infections a pu être attribuée à des fêtes privées. «Les gens ne prennent plus les mêmes précautions que lors de la période précédente», notamment lors d'événements privés, a déploré la ministre de la Santé.

«On doit encore expliquer les gestes barrières»

«Dans tous les événements communaux, ou ceux où il y a des organisateurs, ça marche bien. Mais en privé les gens ne respectent pas les règles», a déploré le chef du gouvernement. La ministre de la Santé a de son côté martelé que «nous vivons toujours des temps dangereux, il faut faire attention». Une entreprise avec cinq salariés infectés, une école avec quatre infections... sont les autres foyers plus réduits. Le reste est constitué de cas isolés avec une grande variété géographique.

Tracer les contacts des nouveaux patients infectés peut aussi se révéler problématique. «Une personne dans une école, ce n'est pas un problème. C'est dans le privé que ça pose problème, quand les gens ne savent pas trop qui était là». La foule devant les bars n'aide pas non plus les autorités sanitaires à retracer les contacts pour couper la chaîne du virus. «Nous avons aussi constaté un manque de sensibilisation», a indiqué Paulette Lenert. «On doit encore expliquer les gestes barrières. Si les gens ne savent pas comment le virus se propage, ils ne savent pas comment s'en protéger».

(jw/L'essentiel)

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