Au Luxembourg: Inquiets pour l’hiver, ils cherchent déjà à se mettre à l’abri

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Au LuxembourgInquiets pour l’hiver, ils cherchent déjà à se mettre à l’abri

LUXEMBOURG – La demande de modes de chauffages alternatifs, au gaz ou au mazout, a explosé ces derniers mois.

par
Nicolas Martin

«Réduire de 10% sa consommation d’énergie» : le ministre de l’Énergie, Claude Turmes, a fixé lundi, cet objectif au pays en annonçant un hiver qui sera rude, avec l’inflation et les menaces sur le gaz russe. «Cela semble réalisable quand on sait que réduire la température d’un degré représenterait une économie de 6%», constate Fenn Faber, directeur de la Klima Agence.

Mais alors que les prix explosent, beaucoup n’ont pas attendu les conseils du ministre pour tenter de réagir. «Les gens veulent faire des économies ou ont peur que Poutine coupe les vannes. Nous faisons deux installations par jour. Jamais nous n'avons eu ainsi, fin juin, deux équipes consacrées à la pose. On a trois mois de planning plein. On pourrait avoir plus mais cela devient difficile d’avoir les appareils», confie Laurent M. commercial d’un magasin de poêles à bois et pellets de Foetz qui estime, par exemple chez lui, à 1 100 euros son économie avec un poêle à bois, en complément du chauffage électrique.

Ruée sur les pompes à chaleur

Les pompes à chaleur aussi font l’objet d’une ruée. «Nous avons beaucoup de demandes de clients pour supprimer une chaudière à gaz. Parfois elles n’ont même pas dix ans. On en a tous les jours», explique Gunther Krings, managing director d’un grand acteur du marché des chaudières dont l’antenne luxembourgeoise est à Steinsel. Malgré un coût parfois important pour des modèles performants (25 000-35 000 euros), «les commandes ont doublé depuis avril-mai, par rapport aux années précédentes». Et si l’abandon du chauffage au gaz dans le neuf est fixée pour 2023, dans les faits, c’est déjà le cas, assure ce spécialiste.

En rénovation, les installations hybrides sont parfois une option. La demande est telle que, là aussi, la production des pompes à chaleur peine à suivre. Si elle va être doublée cet automne, la marque fabrique 600 modèles par jour au niveau mondial et «en vend plus de 1 000», confie Günter Krings.

«Baisser la température»

Le ministère de l’Énergie a déjà reçu depuis le début de l’année, près d’un millier de demandes d’installation de panneaux photovoltaïque dont deux tiers avec l’option autoconsommation. Globalement «toutes les constructions depuis 2017 ont des normes de consommation très relevées», note Fenn Faber. Mais que faire si vous vivez en appartement, en copropriété et que vous ne pourrez avoir réalisé d’ici cet hiver des lourds travaux d’infrastructures (isolation, installation de chauffage) ? Les foyers les moins aisés seraient aussi ceux qui peuvent le moins économiser…

«Il y a aussi les mesures comportementales, insiste Fenn Faber. Baisser la température, mettre un thermostat numérique, aérer, faire contrôler et optimiser la chaudière», l’agence fournit des astuces en ligne (klima-agence.lu) et propose des outils pour simuler les aides disponibles. «Par rapport à la même période l’an passé, nous avons constaté une hausse des demandes de conseil de +30% entre janvier-Mai 2021», note Fenn Faber et le profil des demandeurs a changé. «Avant c’était d’abord pour des raisons écologiques. Désormais, ce ne sont plus forcément des gens qui ont un lien fort avec la question verte mais qui sont dans la nécessité de faire quelque chose».

Près de 60% des ménages chauffés au gaz

Si le recensement réalisé en 2021 offrira bientôt une vision précise et actualisée des modes de chauffage des ménages au Luxembourg, les derniers chiffres en 2020 faisaient état de 60% au gaz naturel, 20% au mazout, 17% à l’électricité et 3% au bois-pellet. Les formules hybrides (gaz et bois/pellets d’appoint (2,4%) ou mazout et bois/pellets (3,6%) étaient encore rares.

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