Interpellations illico presto de manifestants à Moscou

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Interpellations illico presto de manifestants à Moscou

Plusieurs dizaines de personnes qui contestaient l'élection de Medvedev ont été interpellés lundi à Moscou. Le chef du parti libéral SPS Nikita Belykh a été embarqué.

Cette manifestation n'ayant pas été autorisée, plus de cent policiers sont intervenus pour interpeller les manifestants au moment où ils se sont mis à déployer pancartes et drapeaux. Nombre des manifestants appréhendés l'ont été dès leur sortie de la station de métro des Etangs clairs.

«C'est un spectacle, pas des élections», a eu le temps de dire Belykh devant la presse, avant d'être entraîné vers un car de police. «Nous considérons que l'interdiction de cette marche est illégale», a-t-il ajouté. Le directeur de l'ONG «Pour les droits de l'homme», Lev Ponomarev, répondant au téléphone du poste de police, a dit ne pas avoir encore été informé du motif de son interpellation.

A Saint-Pétersbourg (nord-ouest de la Russie), où la Marche a été autorisée, 3 000 personnes ont répondu à l'appel de Garry Kasparov, l'instigateur de ces manifestations, à la tête du mouvement «L'Autre Russie».

Les manifestants scandaient : «vos élections sont une farce !», «à bas l'Etat policier !» ou «il nous faut une autre Russie !». «Poutine et celui qu'on appelle l'ours (Dmitri Medvedev, Medved voulant dire ours en russe, ndlr), c'est la honte de la Russie», a expliqué au milieu des manifestants moscovites, Anissia Mistiakhova, retraitée. «Avec eux, la Russie est perdue, elle va sombrer dans la corruption... J'ai honte de vivre dans un pays où la liberté de la presse est étouffée», a-t-elle ajouté, arborant une photographie de Kasparov sur son bonnet.

La contestation de l'opposition, marginale dans une société russe très apolitique, apparaît bien isolée, d'autant plus que la victoire de Medvedev est quasi unanimement saluée en Occident.

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