Diplomatie – Isolement du Qatar: Trump y voit la fin du terrorisme

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DiplomatieIsolement du Qatar: Trump y voit la fin du terrorisme

Le président américain a tweeté pour exprimer sa satisfaction de voir le Qatar mis au ban par ses voisins.

Trump vise directement le Qatar.

Trump vise directement le Qatar.

AFP/Mandel Ngan

Sur Twitter, Donald Trump a écrit que l'isolement du Qatar marquera «peut-être le début de la fin de l'horreur du terrorisme», indiquant que «tous les éléments pointent vers le Qatar» dans le financement de l'extrémisme religieux. Allié de longue date des États-Unis, le Qatar abrite la plus grande base aérienne américaine dans la région, siège du commandement militaire chargé du Moyen-Orient. La base d'Al-Udeid est cruciale pour la lutte contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie et Irak, menée par la coalition internationale dirigée par Washington et dont fait partie Doha.

Face à cette crise inédite, le Koweït a entrepris une médiation et l'émir Sabah Al-Ahmad Al-Sabah s'est rendu à Jeddah, dans l'ouest saoudien, pour rencontrer le roi Salmane. Lundi, l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, l'Egypte, le Yémen ainsi que les Maldives ont annoncé rompre toute relation avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme", une décision qui a eu l'effet d'un séisme dans la région. S'ajoutent à la rupture des liens diplomatiques une suspension de vols aériens, des mesures économiques comme la fermeture des frontières terrestres et maritimes avec le Qatar, ainsi que des interdictions de survol aux compagnies qataries ou des restrictions aux déplacements des personnes. Dès lundi, l'émir du Koweït avait reçu un conseiller du roi Salmane et appelé l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani pour l'inviter à la «retenue».

«Pas d'escalade»

Le Qatar a ensuite donné l'impression de chercher une issue à la crise, en appelant à un «dialogue ouvert et honnête». S'exprimant sur la télévision Al-Jazeera, le chef de la diplomatie de l'émirat, cheikh Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, a assuré qu'il n'y aurait «pas d'escalade» de la part de son pays et répété à l'occasion le caractère «stratégique» des relations avec les États-Unis. Pour le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash, il faut d'abord «rétablir la confiance» et obtenir des «garanties» avant de reprendre langue avec Doha. Des pays, comme la Turquie, essaient aussi de jouer les médiateurs dans la crise, la plus grave depuis la naissance en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG - Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Qatar, Koweït, Oman).

Le souverain saoudien a reçu un appel téléphonique du président turc Recep Tayyip Erdogan qui selon son porte-parole, a entrepris «des efforts diplomatiques». Alliés à la fois de Ryad et de Doha, les Etats-Unis avaient invité dès lundi les pays du Golfe à rester «unis» par la voix du secrétaire d'Etat Rex Tillerson. Mais, mardi le ton a changé avec les tweets de M. Trump, qui a aussi établi un lien entre son discours en mai à Ryad sur l'extrémisme islamiste et la décision d'isoler le Qatar. «Durant mon récent voyage au Moyen-Orient, j'ai affirmé que le financement de l'idéologie radicale devait cesser. Les dirigeants ont montré du doigt le Qatar - Et regardez !» a écrit le président.

(L'essentiel/AFP)

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