Au Luxembourg – Isolés, ils ont vécu un Noël pas comme les autres
Publié

Au LuxembourgIsolés, ils ont vécu un Noël pas comme les autres

LUXEMBOURG - Touchées par le Covid-19 juste avant Noël, de nombreuses familles ont vécu un réveillon spécial.

De nombreuses familles, en isolement, ont dû changer leurs plans.

De nombreuses familles, en isolement, ont dû changer leurs plans.

«Nous devions recevoir de la famille au réveillon, le jour de Noël et le 26 décembre. Un week-end bien rempli, qui s’est avéré bien calme». Manuel, 49 ans, employé dans l’informatique à Leudelange, a été testé positif au Covid... le 23 décembre.

Symptômes grippaux, perte du goût et de l’odorat, il a fallu composer. «En couple, nous avons quand même fêté Noël avec les distances à la maison, et par vidéo avec la famille». Son père s’est chargé du ravitaillement. «Grâce à lui, nous avons pu manger un peu différemment de tous les jours. Les amuse-bouches avaient tous le même goût. J’ai même mangé ceux que je n’aime pas d’habitude», sourit-il. Ils ont prévu de «fêter Noël en janvier. La maison restera décorée plus longtemps. Plus qu’à espérer que le sapin tiendra le coup!».

«On a lu et regardé des dessins animés»

Avec 5 917 infections actives au pays au 23 décembre, les familles en isolement n’étaient pas rares. Résidente de la capitale, Mateja avait prévu de réunir ses trois enfants et ses deux beaux-fils à Noël avant de partir pour la Slovénie rendre visite à sa famille avec les plus jeunes.

Mais son mari, l’un de ses beaux-fils et elle ont été infectés. La famille a su relever le défi. «Nous avons préparé ensemble un "festin" de Noël, les enfants ont adoré ça. Même s’ils étaient déçus de ne pas aller au marché de Noël ou à la patinoire, on a fait des travaux manuels, des jeux, on a lu et regardé des dessins animés», raconte la maman aux mains «abîmées à force de les laver» et qui s’attend à une sacrée facture de chauffage à force d’aérer pour limiter les risques d’infecter ceux qui ne le sont pas encore.

«Les enfants étaient tristes»

Heureusement, le Covid n’a pas effrayé le Père Noël et tous ont été épargnés par des formes graves. La famille a su s’adapter. «Si les enfants n’avaient pas eu à rester tout ce temps à l’intérieur, je n’aurais pas commencé à leur lire "Harry Potter". Il n’y a pas d’images, alors ils sont moins tentés de venir sur mes genoux les regarder», confie Mateja.

«Les enfants étaient tristes de ne pas voir leurs grands-parents mais ils leur ont montré leurs cadeaux en visio», confie la maman, qui rappelle qu’être infecté en période de Noël, quand tout est fermé, pose d’autres soucis, notamment pour se faire tester même si elle a reçu le soir même de Noël une prescription pour faire confirmer son autotest par un PCR.

«Mon mari est le seul à résister encore»

Le Covid lors des fêtes, la famille de Katerina s’en souviendra aussi. D’abord parce qu’il a fallu annuler la venue de sa sœur avec ses enfants prévue pour Nouvel-An. Après son fils, et comme sa fille, Katerina a aussi été contaminée. «Mon mari est le seul à résister encore», plaisante-t-elle. Pas trop marqués, ils ont pu faire un repas de Noël, ouvrir les cadeaux et «passer du temps à quatre». Mais elle non plus n’a pas vraiment pu savourer les plats, après avoir perdu le goût.

«Le plus difficile est de garder occupés deux enfants pleins d’énergie obligés de rester à l’intérieur». Ils ont d’abord veillé à garder leurs distances. «C’était vraiment bizarre quand on devait s’isoler à la maison, d’abord mon fils, qui avait du mal à comprendre pourquoi il ne pouvait pas jouer avec sa sœur, puis moi et puis ma fille aussi. En tout cas, ça n’a pas marché car un à un nous nous sommes infectés!», concluait-elle, disant regretter que la vaccination n’ait pas été ouverte plus tôt aux enfants.

(L'essentiel/ Nicolas Martin)

Ton opinion