Flottille pro-palestinienne – Israël décide de libérer les civils détenus

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Flottille pro-palestinienneIsraël décide de libérer les civils détenus

Face à la pression de la communauté internationale, le gouvernement israélien a décidé de relâcher la totalité des civils présents à bord de la flottille humanitaire pour Gaza.

Plus de 500 civils emprisonnés depuis l'intervention israélienne contre la flottille pro-palestinienne vont être ralâchés.

Plus de 500 civils emprisonnés depuis l'intervention israélienne contre la flottille pro-palestinienne vont être ralâchés.

afp

Lundi soir, le Conseil de sécurité de l'ONU avait réclamé une enquête impartiale sur le raid qui a coûté la vie à neuf personnes, condamnant les violences et appelant à libérer les six navires de la flottille et les centaines de civils détenus. Face au tollé international, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dû renoncer à une rencontre avec le président américain Barack Obama et est rentré en Israël pour tenter de contenir la crise diplomatique.

Après l'assaut, les bateaux ont été escortés par la marine israélienne au port d'Ashdod au sud de l'État hébreu. «Il y a plus de 500 détenus et entre cinq et huit avocats, donc cela va prendre du temps pour les voir tous», a indiqué Gaby Rubin, de l'organisation de défense des droits de l'homme Adalah. Selon un responsable du ministère de l'Intérieur dans la journée de mardi, la majorité des passagers (sur un total de plus de 680, originaires de 42 pays) ont été conduits dans une prison du sud du pays et plusieurs dizaines étaient en voie d'expulsion.

Blocus sur Gaza maintenu

Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen a demandé à Israël de libérer «immédiatement» les civils et bateaux encore détenus. Comme l'ONU et l'Union européenne (UE) lundi, il a réclamé une «enquête rapide, impartiale, crédible et transparente sur l'incident» a ajouté M. Rasmussen à l'issue d'une réunion spéciale des ambassadeurs de l'Alliance atlantique à Bruxelles.

Israël, qui avait averti qu'il ne permettrait pas que le blocus soit brisé, a accusé les militants d'avoir «déclenché les violences» en attaquant les soldats avec couteaux et barres de fer. Mais les organisateurs du convoi ont affirmé que les commandos avaient ouvert le feu sans justification.

Une «attaque insolente et irresponsable»

Des images du bateau turc, diffusées dans le monde entier, montrent des commandos hélitreuillés, des accrochages avec des militants, et des blessés gisant sur le pont. L'armée de son côté a diffusé des images montrant six passagers levant leur matraque et frappant apparemment quelqu'un au sol, ainsi qu'un soldat projeté par deux activistes vers le pont inférieur.

La Turquie, dont au moins quatre de ses ressortissants sont morts dans l'assaut et quelque 380 sont détenus, fulminait contre Israël, jadis son allié stratégique. «Cette attaque insolente et irresponsable qui piétine toute vertu humaine doit absolument être punie», a lancé le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan. La Turquie avait rappelé la veille son ambassadeur à Tel-Aviv.

lessentiel.lu avec AP

Pour des analystes israéliens, le raid a un effet calamiteux pour l'image du pays et porte un nouveau coup à un processus de paix avec les Palestiniens qui peinait à démarrer. L'affaire a, de fait, provoqué une multiplication des appels à la levée du blocus imposé à Gaza par Israël depuis la prise de pouvoir du Hamas, en juin 2007, et que l'Etat hébreu a dit vouloir maintenir au moins jusqu'à la libération de son soldat Gilad Shalit, aux mains du mouvement islamiste depuis quatre ans.

Mais le gouvernement israélien a confirmé mardi soir sa détermination: pas question de lever le blocus. Dans une première mesure concrète arabe en faveur des Palestiniens, le président égyptien Hosni Moubarak a ordonné l'ouverture du terminal de Rafah avec Gaza, seul point de passage non contrôlé par Israël, pour l'acheminement de l'aide humanitaire et le passage des malades.

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