Italie: le gouvernement Prodi en sursis

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Italie: le gouvernement Prodi en sursis

Le ministre italien de la Justice Clemente Mastella, démissionnaire, a annoncé hier que son petit parti sortait de la majorité, mettant Romano Prodi en sursis.

«J’ai confirmé ma démission à Romano Prodi pour préserver ma dignité et mon honneur», a déclaré M. Mastella lors d’une conférence de presse. Le président de la République Giorgio Napolitano a indiqué dans l’après-midi accepter cette démission et a confié l’intérim du ministère au chef du gouvernement.

Le Garde des Sceaux avait présenté sa démission mercredi après l’annonce de la mise en cause de son épouse Sandra Lonardo dans une affaire de corruption. Ce n’est que plus tard dans la journée que sa propre implication dans cette affaire avait été rendue publique. Sept chefs d’accusation - dont la concussion, l’abus de fonction et la complicité d’association de malfaiteurs - pèseraient sur le ministre, qui aurait notamment exercé des pressions pour placer à un poste à responsabilités l’un de ses proches.

Confirmant sa démission lors d’une conférence de presse, Clemente Mastella, chef de l’Udeur, petit parti centriste et catholique, a annoncé qu’il n’apporterait plus son soutien automatique à la politique de Romano Prodi, mais un appui «extérieur» qui serait accordé avec «exigence». Lors d’une brève intervention devant la Chambre des députés, Romano Prodi a estimé que le gouvernement «avait compté dans le passé et compte dans l’avenir sur l’appui» du parti Udeur.

Il a également indiqué espérer un retour de M. Mastella, raison pour laquelle il a choisi d’assurer personnellement l’intérim de Garde des Sceaux.

Le soutien de cette petite formation, qui compte trois sénateurs, est plus qu’indispensable pour Romano Prodi, tout particulièrement à la chambre haute où sa majorité ne tient qu’à un fil. Ces derniers mois, en raison de la fragilité chronique de sa coalition, Romano Prodi n’a réussi à sauver sa tête que grâce à une ou deux voix lors de votes au Sénat, et il apparaît plus que jamais en sursis.

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