Attentat du 13-novembre – «J'ai été jusqu'en Syrie pour essayer de le ramener»

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Attentat du 13-novembre«J'ai été jusqu'en Syrie pour essayer de le ramener»

Ce vendredi, le père d'un des trois kamikazes du Bataclan témoigne au procès à Paris. L'homme, âgé de 68 ans, a essayé de rapatrier son fils en France, avant les attentats.

Samy Amimour en 2016, sur une vidéo diffusée par l'État Islamique.

Samy Amimour en 2016, sur une vidéo diffusée par l'État Islamique.

AFP

«Je me suis même déplacé jusqu'en Syrie pour essayer de le ramener. En vain». Azdyne, le père de Samy Amimour, l'un des trois kamikazes du Bataclan, est entendu ce vendredi, au procès des attentats du 13-novembre. Âgé de 68 ans, l'homme raconte à nos confrères de RTL Info le changement d'attitude de son fils, des années avant les attaques de Paris.

«C'est arrivé d'une façon un peu brutale. Il a commencé à faire la prière. J'étais content. Vous savez, la vie en banlieue, la drogue, la délinquance et tout ça, détaille Azdyne Amimour. Comme il était gentil, studieux et timide, je l'ai accompagné pour bien le cadrer. Et pour qu'il ne dérive pas». En vain. C'est le 3 septembre 2013 que tout semble basculer. «Quand je pars, c'est "Ciao" de la main. On ne s'est jamais embrassés. Et ce jour-là, il m'a rejoint devant l'ascenseur, m'a pris dans ses bras et m'a embrassé. Deux jours après, il a appelé et a dit "Ne me cherchez plus, je suis en Syrie"»

«Je ne l'ai pas reconnu, d'ailleurs»

Selon ses propos, le père du kamikaze se serait rendu en Syrie afin de retrouver son fils. Une version remise en cause au procès, Azdyne Amimour n'ayant rien dit lors de son audition le lendemain de l'attaque du Bataclan. «J'avais peur, en évoquant le voyage en Syrie, qu'on ne prolonge ma garde à vue», a précisé le père du terroriste devant la Cour.

C'est donc en 2014 qu'Azdyne Amimour entre en Syrie, selon ses dires. Une fois avec son fils, les retrouvailles ne se passent pas comme prévu: «C'était froid. Je ne l'ai pas reconnu, d'ailleurs. Il avait beaucoup maigri et il était avec des béquilles». Ce père de famille explique n'avoir jamais pu être seul avec son fils. «Il y avait toujours une tierce personne avec nous. Est-ce vraiment son copain comme il me l'avait présenté? Est-ce quelqu'un qui était là pour nous épier? Je ne sais pas», se demande-t-il toujours. D'ailleurs son fils ne communiquait pas, développe-t-il au procès. Resté sans réponses, le père rentrera finalement quatre jours plus tard, sans Samy.

Un an plus tard, le 13 novembre 2015, Azdyne Amimour apprendra les attentats à la radio sans penser une seconde que son fils est l'un des tueurs. Il apprendra le lendemain son décès par la police, venue le chercher dans son appartement. «Ils ont emmené ma femme, ma fille et moi dans trois voitures différentes. Cagoulés. Et ça a commencé avec les interrogatoires et tout ça».

(mm/L'essentiel)

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