Marlon Roudette – «J'ai le succès sans la rançon de la gloire»

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Marlon Roudette«J'ai le succès sans la rançon de la gloire»

LUXEMBOURG - Le chanteur britannique a conclu le Rock um Knuedler, dimanche. Juste avant de monter sur scène, il nous a livré ses impressions.

L’essentiel: Votre second album, «Electric Soul», est sorti il y a deux ans. Travaillez-vous actuellement sur de nouveaux morceaux?

Marlon Roudette: Oui, la plupart du temps. Dès que je ne suis pas en tournée, je compose. J’ai un homestudio à Londres, situé de l’autre côté de la rue où j’habite. Au réveil, un peu de sport, puis je me rends au studio. Certains artistes sont capables de sortir des albums et des hits chaque année, et j’ai vite réalisé que je n’en faisais pas partie. En fait, je marche sur un fil étroit, entre hits commerciaux et morceaux personnels.

L’été dernier, vous avez sorti un nouveau single avec KStewart, «Everybody Feeling Something». Comment est née cette collaboration?

C’était vraiment cool. J’avais envie d’une voix féminine pour ce titre que nous avons composé avec mon acolyte Jamie Hartman. Et nous avons trouvé la chanteuse idéale en le personne de KStewart, à mon sens l’une des meilleures chanteuses du Royaume-Uni.

Il y a une touche plus électronique sur ce morceau. Une nouvelle direction?

Je ne sais pas si je me dis vraiment «ok, c’est cette direction que je veux prendre maintenant». La plupart du temps, nous mettons au point un plan de bataille, et finalement tout change en studio. Je n’avais jamais pensé écrire une ballade comme «New Age», par exemple. Je crois qu’il faut juste suivre son instinct musical.

Est-ce qu’il y a des musiciens ou producteurs avec lesquels vous aimeriez travailler?

Il y en a tellement. Le problème, c’est que je ne suis pas trop un homme de réseaux, donc je dois attendre que cela arrive spontanément. Mais j’ai vraiment de la chance de pouvoir travailler avec les gens avec qui j’évolue, comme Martin Terefe, qui a bossé sur le dernier album de Mike Posner, ou Amy Wadge, qui a collaboré avec Ed Sheeran sur «Tinking Out Loud». Sans oublier Jamie Hartman, avec qui j’ai fait «When the Beat Drops Out».

De quoi parlait d’ailleurs le hit «When the Beat Drops Out»?

La période où j’ai écrit cette chanson fut un moment fantastique pour moi. Je venais juste d’apprendre que j’allais devenir père pour la première fois. Cette chanson parle d’amour, et du fait d’obtenir quelque chose de nouveau, de pur. Mais également du fait de retrouver l’inspiration musicale, un peu comme un accouchement.

Il y a de nombreuses influences dans votre musique. Comment parvenez-vous à trouver le bon équilibre?

Je n’y arrive pas toujours! (rires). Ce qui peut d’ailleurs être perçu comme une critique constructive de ma musique. Parfois, il y a trop d’influences, et ça ne fonctionne pas. Mais c’est ma personnalité.

Vous nourrissez-vous toujours autant de musique?

Oui, j’adore mes vinyles, j’en accumule d’ailleurs beaucoup mal dans mon salon. Même si parfois, j’ai aussi besoin de ne pas écouter de musique du tout. Mais les vinyles sonnent d’une façon si spéciale, j’ai d’ailleurs un système audio des années 70. Et surtout, ils nous obligent à prendre le temps. On ne peut pas les utiliser comme un smartphone, il faut les tourner, les entretenir. Ça fait partie du plaisir. Pas sûr que mes voisins le partagent… (rires)

Vous êtes beaucoup plus populaire en Allemagne, Suisse et Autriche qu’au Royaume-Uni. Comment l’expliquer?

Je crois que ça vient de la nature de l’industrie musicale britannique. Vous avez besoin de venir d’une scène, de revendiquer un certain style. Et pour ma part, je viens d’un peu partout à la fois. En Allemagne, il n’y a pas de radios musicales nationales, donc vous pouvez cartonner au niveau local, puis dans le reste du pays. C’est un bon système, plus proche du fonctionnement américain. Après, je suis heureux de ce succès, même si la plupart du temps, je n’ai pas l’impression d’être célèbre, et je peux me promener où je veux librement. J’ai le meilleur des deux, le succès sans la rançon de la gloire.

(Recueilli par Cédric Botzung/L'essentiel)

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