Crise au Venezuela – «J'espère que le Luxembourg va réagir»

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Crise au Venezuela«J'espère que le Luxembourg va réagir»

LUXEMBOURG/CARACAS - Au lendemain de l'élection sanglante au Venezuela, la population est inquiète. Rencontre avec une Vénézuélienne qui vit au Luxembourg.

Le scrutin de dimanche, boycotté par l'opposition, a été marqué par des violences qui ont fait dix morts.

Le scrutin de dimanche, boycotté par l'opposition, a été marqué par des violences qui ont fait dix morts.

AFP

Dimanche, le Venezuela a connu une nouvelle vague de violences, qui a entaché l'élection d'une Assemblée constituante voulue par le président Nicolas Maduro, et destinée selon l'opposition à renforcer les pouvoirs du chef de l'État et à le maintenir en place. Lundi, l'Union européenne a exprimé sa préoccupation sur le «sort de la démocratie» dans ce pays de 30,6 millions d'habitants. Une question qui inquiète aussi Maria Fernanda Rangel, Vénézuélienne installée depuis deux ans au Luxembourg.

L'essentiel: Quel est votre sentiment au lendemain de l'élection?

Maria Fernanda Rangel: Je pense que le résultat du vote est un mensonge. On nous annonce que plus de 8 millions de Vénézuéliens ont participé mais ce chiffre est faux. Aujourd'hui, le gouvernement vénézuélien tombe le masque et montre au monde qu'il se rapproche d'une dictature.

Que pensez-vous de la réaction de l'Union européenne et d'autres pays qui rejettent le résultat de l'élection?

La plupart des pays ouvrent les yeux. J'espère que le Luxembourg exprimera aussi son désaccord. Le gouvernement n'est pas obligé de se prononcer sur la situation politique mais doit, selon moi, au moins montrer sa préoccupation envers les droits de l'homme.

Avez-vous peur pour les membres de votre famille qui vivent à Caracas?

Oui j'ai peur pour eux. Mon père descend dans la rue depuis des jours et des jours. Je lui dis de faire attention, de rester à l'arrière. Mais je le soutiens. Si je n'étais pas au Luxembourg, je serais probablement aussi dans la rue. Ce n'est pas le moment d'avoir peur et de penser à soi. C'est le moment de penser à notre pays.

Quelles autres difficultés rencontrent les Vénézuéliens en ce moment?

Les gens font des réserves de nourriture. Il n'y a plus grand chose dans les magasins. C'est aussi difficile de se procurer des médicaments. Les transports sont aussi impactés. Je voulais que mon père vienne passer quelques jours au Luxembourg pour se reposer mais certaines compagnies ont annulé leurs vols depuis Caracas.

Comment manifestez-vous votre opposition à Nicolas Maduro depuis le Luxembourg?

Juste en parlant de la situation au Venezuela, je fais ma partie du job depuis le Grand-Duché.

Comment voyez-vous les prochains jours?

Les Vénézuéliens vont rester dans la rue. Il y aura encore des morts, encore plus de répression. Mais je pense qu'ils n'arrêteront pas de manifester.

(jd/L'essentiel)

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