Luxembourg/Allemagne – «J'étais prêt à plonger, j'avais enlevé ma veste»
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Luxembourg/Allemagne«J'étais prêt à plonger, j'avais enlevé ma veste»

OBERBILLIG/WASSERBILLIG - Lundi, Alain Biver, caissier sur le Sankta Maria II, a participé au sauvetage d'un automobiliste tombé dans la Moselle. Il raconte.

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25.10 Lundi matin, une voiture qui se trouvait sur un ferry a basculé dans la Moselle pour des raisons qui n'ont pas encore été élucidées.

25.10 Lundi matin, une voiture qui se trouvait sur un ferry a basculé dans la Moselle pour des raisons qui n'ont pas encore été élucidées.

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L'accident s'est produit entre Wasserbillig et Oberbillig.

L'accident s'est produit entre Wasserbillig et Oberbillig.

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Les employés du ferry «Sankta Maria II» ont sauvé le conducteur.

Les employés du ferry «Sankta Maria II» ont sauvé le conducteur.

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«Ce monsieur a eu beaucoup de chance!». Lundi soir, depuis chez lui, Alain Biver voyait encore défiler les images, spectaculaires, presque improbables. Caissier sur le Sankta Maria II, qui assure la traversée de la Moselle entre le Luxembourg et l'Allemagne, l'homme s'est mué plus tôt dans la journée en sauveteur d'un automobiliste allemand, dont la voiture est tombée du pont dans l'eau. Il était 10h30. «On peut embarquer six voitures à bord, elles étaient toutes en train de prendre position quand j'ai entendu un bruit énorme», raconte Alain Biver à L'essentiel.

Sous ses yeux, l'un des six véhicules venait de briser une barrière de protection du navire pour finir sa course dans la Moselle. «C'est une voiture électrique qui a pris de la vitesse, son chauffeur a été surpris. Dans l'eau, très vite, le véhicule s'est éloigné du bateau sur une trentaine de mètres avec le courant». Ancien pompier professionnel de la Ville de Luxembourg, Alain Biver est déjà intervenu sur de nombreux accidents. Avec son collègue, conducteur du bateau, ils ont eu la bonne réaction, pleine de sang-froid: «Tout de suite j'étais prêt à plonger, j'avais déjà enlevé ma veste. Mais nous avons pu nous approcher en bateau et tendre une barre à l'homme, pour le tirer par la fenêtre passager. Il était seul dans l'habitacle, choqué mais calme».

«Après cinq minutes, on avait ramené l'automobiliste à bord»

À cet endroit la profondeur de la Moselle atteint près de 4 mètres, mais la voiture n'a pas coulé et c'est ce qui a permis le sauvetage rapide. «Après cinq minutes, on avait ramené l'automobiliste à bord. Puis avec la barre, on a réussi à agripper la voiture pour la ramener lentement vers la berge avec le bateau», développe Alain Biver qui lui-même vit à Oberbillig. Depuis la rive, sa femme a même immortalisé la scène rarissime.

L'homme de 59 ans est caissier depuis deux ans sur le Sankta Maria II, un «passe-temps» pour occuper sa retraite. Évidemment il n'avait jamais encore vu une voiture tomber à l'eau. «On traverse en continu, toute la journée. On passe 600 voitures par jour... et avec les travaux routiers en cours à la frontière, les gens se reportent beaucoup sur le bateau», explique Alain Biver qui œuvre, en ce moment, trois fois par semaine. Ce mardi, il est en repos mais dès mercredi il sera à nouveau à son poste pour une journée qu'il espère plus paisible sur l'eau.

(L'essentiel/Nicolas Chauty)

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