Interview après le concert – «J’assume plus mon côté pop»

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Interview après le concert«J’assume plus mon côté pop»

ESCH-BELVAL - La tournée de Saule passait par le Grand-Duché, samedi. Rencontre avec le «géant» belge.

L’essentiel: Votre 3e album, «Géant», a marqué un virage artistique?

Saule (chanteur): Oui, j’avais besoin de m’éloigner de ce que j’avais fait, de casser la routine. Il y a une réelle évolution entre le premier et le troisième album, car j’assume plus mon côté pop et mes influences musicales.

Vous pouvez nous en parler?

Elles proviennent de ce que j’écoute, mais j’avais du mal à les assumer à cause des cases dans lesquelles on vous range. Mes influences vont de Bon Iver aux Strokes, en passant par Jeff Buckley, Radiohead ou Arcade Fire. Elles sont surtout anglo-saxonnes, même si quelques morceaux, comme «Le bon gros géant» s’inscrit plus dans une tradition de chanson française, avec à la fois un côté Brassens et un côté hip-hop.

Votre voix investit plus les aigus…

Oui, j’avais beaucoup travaillé les aigus avec mon ancien groupe, My Second Skin. Mais jusqu’ici, c’était surtout en anglais. C’était peu présent sur disque, jusqu’à «L’économie des mots». Peu de chanteurs français sont sur ce créneau, à part M, mais j’ai essayé d’éviter la comparaison.

Si les textes sont parfois mélancoliques, la musique est, elle, très enjouée...

C’était important pour moi de faire un disque où j’allais me remuer (rires). Mon deuxième album était un peu sombre, ma maison de disques d’alors me demandait de «creuser mon côté Dominique A». Ici, il y a un contraste doux/amer entre la musique et les textes.

À quel moment votre choix s’est porté sur le français?

Dès lors que je me suis lancé en solo. Il y avait beaucoup de concurrence sur le créneau de la nouvelle chanson française, mais j’essaye d’apporter quelque chose de différent, j’ai des choses à raconter avec ma plume.

Un des titres s’appelle «Le bon gros géant». L’autodérision est importante?

J’ai toujours aimé décrire des personnages. Cette chanson me permet d’aborder la discrimination en générale mais de façon décalée, et pas démagogique.

Comment a débuté la collaboration avec Charlie Winston?

Je le connaissais depuis cinq ou six ans, nous nous étions rencontrés à une émission sur France Inter. Ce fut un vrai coup de foudre musical et humain. Nous avons gardé contact, et lorsque j’ai commencé à travailler sur mon troisième album, je lui ai demandé son avis. Je cherchais un producteur, il a proposé ses services. En ce qui concerne le duo, j’avais envie qu’il y ait une trace de Charlie, j’avais composé «Dusty Men», qui a un côté Black Keys et à la fois disco, il a accroché tout de suite.

Avec qui d’autre avez-vous envie de travailler?

Il y en a beaucoup, mais peut-être Mathieu Chedid, avec qui j’avais joué à Taratata. Il a ce côté ludique, et a gardé un état d’esprit d’enfant. Et peut-être le producteur Nigel Godrich, Thom Yorke ou Damon Albarn.

Recueilli par Cédric Botzung

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