Affaire Maëlys – «Je lui dis que j’espère qu’elle est bien là-haut»
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Affaire Maëlys«Je lui dis que j’espère qu’elle est bien là-haut»

Quelques jours avant l’ouverture du procès de Nordahl Lelandais, la maman de Maëlys a livré un témoignage rare et bouleversant.

Elle l’appelle «l’Autre». Quatre ans et demi après la mort tragique de sa fille Maëlys, Jennifer De Araujo refuse de prononcer le nom de celui qui lui a ôté la vie. Alors que le procès de Nordahl Lelandais s’ouvre ce lundi à Grenoble (Isère), la maman de la fillette est sortie de sa réserve et s’est exprimée dans plusieurs médias, dont Le Parisien.

De son incommensurable douleur est né un livre sobrement intitulé «Maëlys», publié ce mercredi. Depuis le drame, la maman de Maëlys s’est séparée de son mari, a changé de métier et a déménagé. Mais l’absence de sa petite fille est toujours aussi insupportable. «Il y a des photos d’elle partout dans la maison, même à l’arrière de ma voiture. Comme ça, j’ai l’impression qu’elle pose son regard sur moi», confie la Française de 42 ans.

Jennifer De Araujo confie qu’elle parle «tous les jours» à sa fille, et qu’elle se rend le plus souvent possible sur sa tombe à La Tour-du-Pin, à deux heures et demie de route de chez elle. «Je lui dis que j’espère qu’elle est bien là-haut, qu’elle me manque. Elle me manquera toujours», témoigne-t-elle. La quadragénaire garde le souvenir d’une fillette «souriante, belle, pleine de vie». «Elle serait devenue une grande dame, attentionnée et généreuse», imagine-t-elle. Jennifer De Araujo raconte que Maëlys «chantait tout le temps» et qu’elle adorait faire des spectacles avec sa sœur Colleen. «Maëlys avait appris à sa grande sœur à ne pas avoir peur dans les manèges. Elle était courageuse et forte», confie-t-elle.

Le couple et le travail de la Française n’ont pas résisté à ce drame. Pourtant, Jennifer et Joachim De Araujo avaient prévu de se marier en 2018. Ils ont même essayé d’avoir un autre enfant, mais l’infirmière a fait deux fausses couches, en 2018 et 2019. «Cela nous a encore plus éloignés l’un de l’autre, on avait l’impression de n’attirer que la mort autour de nous. Alors j’ai décidé de partir. (…) J’étouffais. C’était une question de survie», explique la quadragénaire. Infirmière à l’hôpital de Pontarlier, Jennifer a fini par quitter son emploi, la confrontation à la mort étant devenue trop difficile à gérer. Elle est devenue infirmière libérale.

À l’approche du procès de Nordahl Lelandais, la maman de Maëlys ne cache pas son appréhension. «Cela va être très dur. Il va falloir revenir quatre ans en arrière et revivre chaque moment», s’inquiète-t-elle. Jennifer De Araujo sait toutefois qu’elle pourra compter sur le soutien du papa de Maëlys, de sa fille Colleen et du reste de sa famille. La quadragénaire espère obtenir des réponses: «On ne sait pas s’il l’a violée, de quoi elle est décédée, quels ont été les derniers mots qu’elle a prononcés… J’aimerais qu’il m’explique aussi comment il l’a convaincue de monter dans sa voiture», explique-t-elle, sans se faire beaucoup d’illusions. «Le problème, c’est que, depuis le début, il nous balade».

La maman de Maëlys espère que Nordahl Lelandais sera «condamné à rester le plus longtemps possible en prison, compte tenu de tout le mal qu’il a fait et qu’il pourrait encore faire».

(L'essentiel/joc)

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