Mobilité au Luxembourg: «Je mets moins de temps pour aller au travail à vélo»

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Mobilité au Luxembourg«Je mets moins de temps pour aller au travail à vélo»

LUXEMBOURG - Se rendre au travail à vélo entre peu à peu dans les mœurs au Grand-Duché, mais il y a encore des progrès à accomplir.

par
Frederic Lambert et Nicolas Martin

L'opération Mam velo Op d’Schaff (MVOS) s'est clôturée dimanche. Depuis le 15 mai, plus de 3 000 participants se sont mobilisés pour parcourir près de 996 000 km à vélos. Économisant par la même occasion 221 785 kg de CO2. Assistante sociale à Luxembourg-Ville et résidente de Schifflange, Jessica utilise son vélo pour éviter les bouchons et faire une économie de 250 à 300 euros par mois en se passant de la voiture. Mais vu la distance, elle l’associe au train.

Et pour elle, il y a des progrès à faire. «Aller en vélo au travail quand on habite en ville cela va bien, mais la plupart des gens n’y vivent pas», insiste la jeune femme de 31 ans.

«Un gain de temps énorme à vélo»

«Le problème c’est les trains super-pleins et le manque de places pour y mettre le vélo. Je dois souvent faire le trajet en le tenant en main. Il y a aussi des retards. Normalement, se rendre au travail en transports en commun ou/et à vélo, réduit le stress et booste la santé. Ce n’est vraiment pas mon cas», assure-t-elle.

Iriez-vous au travail à vélo?

Domiciliée dans la capitale, Emilie parcourt quant à elle de plus petites distances. Du quartier de Merl au quartier de la Gare, elle roule durant 4 km de chez elle à son travail. «C'est une vraie volonté de prendre le vélo, car j'ai une ligne de bus qui passe à côté de chez moi», précise-t-elle. «Et c'est un gain de temps énorme par rapport aux transports en commun. A vélo, ça me prend 15 minutes. En bus, presque 30 minutes. Et puis je pars quand je veux».

«Super dangereux pour les gamins»

Pour Jessica, la gratuité des transports publics est «un grand pas en avant», mais la Schifflangeoise estime que l’opération MVOS doit aussi aider à mettre en lumière ce qui peut être amélioré pour «permettre aux gens qui vivent hors de la capitale de participer. On est une société «très voitures», il faut se donner les moyens de changer cela. Si j’avais des enfants à la crèche, ce serait impossible».

Emilie abonde dans le même sens: «Quand on est parent, c'est impossible de se passer de sa voiture», regrette-t-elle. «Quand l'activité sportive d'un enfant se termine à 20h à Kockelscheuer, c'est bof. Je n'ai pas de vélo avec un grand bac à l'avant. Je trouve ça super dangereux avec les gamins qui sont au niveau des pare-chocs. J'en vois quelques-uns, beaucoup de Scandinaves. Le dimanche, je comprends, mais pas en semaine à l' heure de pointe. On n'est pas à Copenhague...».

«La météo, c'est dur...»

«Ce n'est pas la première fois que je participe à l'opération MVOS, mais je n'ai encore jamais rien gagné», reconnaît Emilie. «Mon entreprise nous encourage à prendre les moyens de transport alternatifs, car on n'a pas de parkings. Avec quelques collègues, on s'est lancé, il y a quelques années, mais ça ne change rien pour moi puisque je vais travailler à bicyclette depuis quatre ans. On participe pour le fun avec la petite communauté cycliste du Luxembourg».

Au niveau des inconvénients, Emilie ne s'en cache pas: «c'est dangereux». «C'est assez rare de rencontrer des automobilistes agressifs qui me coupent la route, par exemple», souligne-t-elle, «mais l'état des infrastructures n'est pas terrible. De la peinture sur la route, ce n'est pas une piste cyclable séparée de la route. Au Kirchberg, c'est le top, mais sur le trajet que j'emprunte, ce n'est pas le cas. La météo, c'est dur. J'ai un vélo électrique personnel et c'est très pratique pour aller partout dans la capitale face à un relief accidenté. En hiver, je suis équipé, mais j'ai la chance d'avoir un vestiaire et un parking à vélo au travail. Et puis, un casque ne sauve pas le brushing, mais ça peut sauver la vie».

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