Drame au Luxembourg – «Je n’ai entendu aucun bruit, ni aucun cri»

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Drame au Luxembourg«Je n’ai entendu aucun bruit, ni aucun cri»

GOESDORF - Le paisible village de Goesdorf, près d'Esch-sur-Sûre, était sous le choc lundi après la mort d'un homme de 36 ans, décédé dans des circonstances suspectes.

Depuis qu’ils sont tout petits, les deux frères ont habité le village de Goesdorf, dont ils ont fréquenté l’école primaire.

Depuis qu’ils sont tout petits, les deux frères ont habité le village de Goesdorf, dont ils ont fréquenté l’école primaire.

L'essentiel

Bercée par le chant des oiseaux et du coq, la rue Um Haff, dans le village de Goesdorf, avait retrouvé tout son calme bucolique lundi après-midi. Les quelque 300 habitants du patelin de l’Oesling se sont pourtant réveillés, lundi, encore sous le choc du décès suspect d’un homme de 36 ans, intervenu dimanche en fin d’après-midi. «Du jamais-vu à Goesdorf», précise une employée communale, peu encline à s’étendre sur le sujet.

«L’hélicoptère a survolé le village vers 18h10 et l’ambulance est arrivée cinq minutes plus tard», raconte une voisine du n°6A, où sont désormais apposés les scellés de la police. «J’étais sur ma terrasse et dans mon jardin durant l’après-midi, et je n’ai entendu aucun bruit, ni aucun cri. Je ne sais vraiment pas ce qui a pu se passer. J’ai juste entendu clairement l’un des deux frères appeler le 112», poursuit la dame.

«Faites qu’il vive, faites qu’il vive!»

Selon le parquet de Diekirch, un homme de 36 ans est décédé, et il s’avère que ce décès a été précédé d’une dispute avec son frère, âgé lui de 30 ans. Une autopsie de la victime afin de déterminer les causes exactes de la mort a été pratiquée lundi après-midi, tandis que le frère était entendu par le juge d’instruction. «Bien sûr, il faut attendre les résultats de l’autopsie», affirme l’habitante de la rue Um Haff, «mais il fallait voir le jeune frère catastrophé, en train d'implorer «Faites qu’il vive, faites qu’il vive!».

Dans un premier temps, il pensait qu’il dormait, et puis quand il s’est rendu compte qu’il demeurait inconscient, il a appelé le 112. «Je suis choquée, je ne peux pas comprendre». Depuis qu’ils sont tout petits, les deux frères ont habité le village de Goesdorf, dont ils ont fréquenté l’école primaire. Le père, qui travaillait pour l’entreprise Lamesch, est décédé, tandis que la maman est allée habiter à Kautenbach il y a quelques années. «Seul l’aîné habitait encore à Goesdorf, et son frère cadet venait de temps à autre lui rendre visite», relate la voisine du n°6A. «Il y a encore un troisième frère, plus petit, qui vit et travaille à Wiltz».

«C’est vrai qu’il y avait un problème d’alcool»

Les deux protagonistes de la dispute dominicale étaient sans emploi. «L’aîné de 36 ans bénéficiait du revenu minimum garanti (RMG)», précise la voisine. «Pour cela, il devait avoir une adresse et vivre seul.» Figures connues du village, les deux frères l’étaient aussi pour leur penchant pour l’alcool. «C’est vrai qu’il y avait un problème d’alcool», confirme la voisine.

«Je les voyais juste à l’arrêt de bus situé près de la mairie», appuie une habitante de la rue Op der Virstad. «Et il n’était pas rare qu’ils arrivent avinés à l’arrêt de bus. Les deux frères étaient souvent ensemble, mais je ne saurais pas vous dire lequel est mort, car je ne les connaissais pas. Vous savez, ici, c’est un petit village, et personne ne parle», ajoute-t-elle.

(L'essentiel/Jean-François Colin)

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