Fraude bancaire – «Je ne comprends pas comment Kerviel a fait»

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Fraude bancaire«Je ne comprends pas comment Kerviel a fait»

LUXEMBOURG - Pour comprendre le métier de trader, «L'essentiel» s'est invité dans une salle des marchés.

Les traders suivent l'évolution des cours et de l'actualité.

Les traders suivent l'évolution des cours et de l'actualité.

L'essentiel

Alors que le procès en appel du trader français Jérôme Kerviel va durer tout le mois de juin, le métier souffre d'une réputation salie. Pour connaître la réalité du quotidien des traders, L'essentiel est allé à la rencontre de deux traders de la place financière. «Je n'ai toujours pas compris comment Kerviel a pu arriver tout seul à cacher autant d'opérations. Ici, ce serait impossible même avec quinze ans d'expérience. La séparation hiérarchique des pouvoirs de contrôle est de plus en plus importante», confie Tom*.

Le travail dans une salle des marchés est très encadré. Dans cette salle, il y a deux fois plus de contrôleurs que de traders pour surveiller leurs activités. «C'est frustrant de constater la vision qu'ont certains de notre métier. Nous ne jouons pas avec de l'argent, nous vendons des produits financiers. Et pas à n'importe qui. Nous avons un code de déontologie qui nous interdit, notamment, d'en vendre à des gens qui ne les comprennent pas», assure Pierrick*.

Comment garde-t-on le sens des réalités? «En voyant ce qui se passe dans le monde sur les écrans, j'ai tendance à garder les pieds sur terre», avance Tom. Et dans les moments d'euphorie économique? «C'est facile de se laisser emporter par ses émotions, mais on apprend à se contrôler avec l'expérience et les protocoles ne permettent pas de se laisser griser».

Patrick Théry

* Les prénoms sont modifiés

Des garde-fous

Depuis l'affaire Kerviel, un trader est obligé de poser au moins dix jours de congés consécutifs chaque année. «C'est souvent pendant les absences que les supercheries sont découvertes», explique ce directeur. Les traders sont tenus de liquider leurs positions avant de partir. À défaut, les positions maintenues sont surveillées la nuit à New York et Tokyo.

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