Sonia tuée au Kirchberg: «Je ne me sens pas prête à reprendre le travail» au restaurant

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Sonia tuée au Kirchberg«Je ne me sens pas prête à reprendre le travail» au restaurant

LUXEMBOURG – Suite à la marche blanche organisée dimanche, plusieurs collègues de Sonia, tuée dans le restaurant où elle travaillait au Kirchberg, témoignent pour L'essentiel.

par
Nicolas Martin

Editpress/Didier Sylvestre

«On nous a sondés, mais je ne me sens pas prête à reprendre le travail. On redoute tous la reprise. Il y a une cellule psychologique pour les gens qui la côtoyaient. On va faire une thérapie». Comme une petite centaine de personnes, Sophie* a pris part, dimanche, à la marche blanche pour sa collègue Sonia, retrouvée morte le 17 avril dans le restaurant où elle travaillait au Kirchberg. L'enquête a révélé que son décès a fait suite à un vol. Trois personnes ont été arrêtées depuis.

«J'ai bossé huit ans avec elle, depuis son arrivée en 2014», poursuit Sophie qui se rappelle d'une collègue «souriante, gentille, organisée, très professionnelle. Quand elle était en salle c'était nickel». Dans le restaurant, qui comptait un peu plus d'une quinzaine d'employés, le traumatisme est profond. Rémi* a travaillé au restaurant comme Sonia le soir où elle est décédée. «J'y repense beaucoup. Je me demande si j'aurais pu l'aider, si j'étais resté encore un peu. Je m'entendais super bien avec elle, elle m'avait aidé à mes débuts et nous allions régulièrement faire quelques courses ensemble».

Dans un premier temps, Rémi a pensé pouvoir se passer d'un appui psychologique mais estime désormais qu'il «va en avoir besoin. Je ne m'imagine pas descendre au sous-sol, au vestiaire, là où il semble qu'elle a été tuée».

«On ne sait pas donc on s'imagine»

Informés uniquement via la presse, les collègues se posent beaucoup de questions. «Elle devait se marier ce mois-ci! Vivre le plus beau jour de sa vie. On a besoin de réponses. On veut savoir pourquoi», lâche Clara*, une ex-collègue qui assure «avoir même du mal à repasser devant le restaurant». «On s'imagine plein de choses, on ne sait pas donc on s'imagine. Ne pas savoir c'est pire», ajoute Sophie. Les soupçons sur la possible implication d'un employé de la pizzeria dans le vol ajoutent au malaise.

«Il faudra bien reprendre le travail un jour. Mais j'aurai besoin de conditions plus sécurisées. Il faudra une réunion du personnel, plus d'employés pour la fermeture, peut être un vigile», lâche Sophie. Les collègues «payés normalement depuis fin avril» malgré la fermeture, échangent beaucoup sur les réseaux sociaux. «On a du mal à réaliser. Se réunir lors de la marche a fait du bien mais la douleur est toujours là», poursuit Sophie. «Elle a été enterrée en Italie donc on n'a pas pu se déplacer. Cette marche, c'était important pour nous».

*Les prénoms ont été modifiés

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Des dizaines de personnes ont défilé pour rendre hommage à Sonia au Kirchberg.

Des dizaines de personnes ont défilé pour rendre hommage à Sonia au Kirchberg.

Editpress/Didier Sylvestre

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