Témoignage – «Je ne pensais pas tomber dans la pauvreté»
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Témoignage«Je ne pensais pas tomber dans la pauvreté»

STEINFORT - On ne la voit pas. On en entend rarement parler. Mais même au Luxembourg, il y a des personnes qui vivent dans la précarité.

«Ce qui est bien au camping, c'est que tout le monde partage la même galère, je ne m'y sens jamais seule», assure Anna.

«Ce qui est bien au camping, c'est que tout le monde partage la même galère, je ne m'y sens jamais seule», assure Anna.

L'essentiel

Selon des chiffres du Statec datant d'octobre 2010, le taux de pauvreté a augmenté, au Luxembourg, entre 2008 et 2009, passant de 13,4% de la population à 14,9%. Mais, derrière ces chiffres, il y a des vies difficiles, des parcours brisés. Ainsi, Anna* est tombée sur un partenaire qui l'a fait plonger dans la misère à 29 ans.

«Nous avions fait un prêt pour une voiture au Luxembourg et un prêt pour une cuisine en Belgique. Le problème, c'est qu'il avait déjà des dettes». Anna a deux enfants: un garçon de neuf ans et une petite fille de trois ans, dont le père est celui qui l'a dotée de dettes. Elle s'est retrouvée avec les deux remboursements sur les bras. «Ça veut dire que deux tiers de ma paye partent tous les mois», explique Anna.

Depuis septembre, elle vit au camping du village, ce qui n'est pas facile, «car les gens vous regardent bizarrement, comme si vous n'aviez plus de raison d'être. Depuis qu'il fait froid, la petite dort chez son père, ce n'est pas facile».
D'ici mars, Anna pourra peut-être se permettre de louer un appartement et d'y vivre avec ses enfants. «C'est très dur, je ne pensais pas que ça m'arriverait. D'un autre côté, maintenant, je sais ce que ça veut dire vivre dans la précarité. Ça ne m'arrivera plus».

Chloé Murat

*Le prénom de la personne a été changé.

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