Témoignages de jeunes – «Je ne sais toujours pas pour qui voter»

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Témoignages de jeunes«Je ne sais toujours pas pour qui voter»

LUXEMBOURG - À un jour des élections, de nombreux électeurs restent indécis. Le choix s'avère particulièrement difficile pour les jeunes. Quelques uns se confient à «L'essentiel Online».

Le choix s’avère particulièrement difficile pour les jeunes.

Le choix s’avère particulièrement difficile pour les jeunes.

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«Je ne sais toujours pas pour qui voter et je ne sais pas encore quand est-ce que je vais prendre la décision finale, confie Alexa, étudiante de 23 ans qui participera pour la deuxième fois aux législatives. Il y a tellement de thématiques importantes qu'on ne sait plus où donner de la tête. C'est difficile d'y voir clair à travers le jargon politique». Un constat que partagent 57% des jeunes âgés de 16 à 25 ans, qui trouvent la politique «compliquée», comme l'avait révélé un sondage Quest et 5vir12.

Mais contrairement à 42% des sondés, Alexa ne considère pas que la politique est ennuyeuse. Elle appelle de ses vœux des changements au niveau de l’éducation, de l'enseignement religieux ou du chômage des jeunes. Des domaines dans lesquelles elle baigne quotidiennement. «Souvent on partage notre expérience sur un sujet et on débat avec des amis mais on ne sait pas toujours quel parti propose quelles idées en détail», avoue la jeune femme. «Il y en a aussi qui défendent bec et ongles un parti particulier, mais c'est rare chez les jeunes. Et puis en discutant avec les autres je me rends compte qu'il y en a qui plaident à la fois pour déi lénk et l’ADR, c’est pas sensé».

«Juncker a fait un excellent boulot»

Au-delà des idées, il s'agit également d'analyser le bilan du gouvernement. «D'une part, je me dis que les scandales révélés tout au long de l’année sont absolument inacceptables. D’autre part, Juncker a fait un excellent boulot pendant près de 20 ans», souligne Alexa. «Pour voter, je vais principalement m'inspirer des slogans électoraux qu'on retrouve sur les affiches, je trouve qu'ils résument bien les idées de chacun», explique Chloé, 26 ans, architecte.

Mais les promesses électorales ne se traduisent pas toujours en actes. Une raison de plus pour se renseigner sur les compétences des candidats. «J'aime bien les rencontrer ou leur poser des questions», lance l'architecte, qui dit également tenir compte des acquis politiques de chacun. Pourtant elle admet souvent voter pour le même parti. «Après tout, son idéologie reste la même».

L'importance du vote

Un argument qui ne suffit pas pour Joé, économiste de 27 ans. «J’ai lu les programmes et je sais quelles sont les idées sur lesquelles le prochain gouvernement doit mettre l’accent. Mais je n’ai pas trouvé de parti qui regroupe toutes ces idées et chaque parti a ses défauts», déplore-t-il. Un problème qu'on pourrait contourner en optant pour le panachage, une alternative guère réjouissante pour l'économiste. «Donner une voix à un candidat revient à renforcer le score général du parti. Je n’aime pas forcément la tête de liste qui assumerait alors la fonction de Premier ministre», tonne-t-il.

Ne pas voter, n'est pourtant pas une option pour ces jeunes. «C’est à cause de l'obligation de vote qu’on essaie de s'intéresser à la politique. Si on avait le choix, on ne ferait peut-être pas l’effort», détaille Alexa. Un effort qui selon elle ne devrait pas se limiter à la volonté personnelle. «Il faudrait un enseignement politique à l’école, qui nous explique les idées de base et l’historique de chaque parti», exige-t-elle. Faute de savoir qui choisir, elle connaît des gens qui votent nul ou blanc. «Mais je sais que ça ne sert à rien, donc j'essaie de trouver un parti qui me convient».

(Laurence Bervard/L'essentiel Online)

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