«Je ne vais pas interférer dans cette affaire»

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«Je ne vais pas interférer dans cette affaire»

LUXEMBOURG - Les réactions et prises de position se multiplient jeudi après les révélations sur les accords fiscaux secrets entre le Luxembourg et 340 multinationales.

Les politiques luxembourgeois restent pour l'heure «droits dans leurs bottes», à en juger par leurs premières déclarations.

- Jean-Claude Juncker, au micro de la NDR (Radio Télévision du nord de l'Allemagne): «Je ne vais pas interférer dans cette affaire. Je n'abuserai pas de ma position».

- Xavier Bettel, lors d'une conférence de presse convoquée d'urgence jeudi matin: «Nos pratiques fiscales et le "tax ruling" sont conformes aux lois internationales».

- Pierre Gramegna, lors de la même conférence de presse: «Le "tax ruling", qui permet aux multinationales de faire de l'optimisation fiscale et prive de nombreux pays de recettes importantes, n'est pas une spécialité du Luxembourg, beaucoup de pays européens le font. Cette pratique donne une certitude et une prévisibilité aux entreprises sur la manière dont une opération sera traitée fiscalement. Le gouvernement s'est engagé sur la voix de la transparence fiscale. Ce ne sont pas seulement les citoyens qui doivent payer l'impôt. Les entreprises doivent aussi le faire. Nous ne sommes pas d'accord pour que les multinationales ne paient presque pas d'impôts».

- Henri Grethen, ancien ministre de l'Économie et des Transports (gouvernement Juncker-Polfer, de 1999 à 2004): «Cette enquête tombe au moment de l'entrée en fonction de Jean-Claude Juncker en tant que président de la Commission européenne. Je ne crois pas au hasard. Le Luxembourg n'a rien à cacher ou à se reprocher. D'autres pays ont des cellules spécialisées dans le "tax ruling", comme l'Irlande ou encore la France. Je crois que l'on peut attendre sereinement les résultats de l'enquête».

- Margaritis Schinas, porte-parole de la Commission européenne: «La Commission européenne est prête à sanctionner le Luxembourg sur ses pratiques fiscales. S'il y a une décision négative, le Luxembourg devra assumer et prendre des actions pour corriger. C'est à ça que sert le droit communautaire».

- Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances, devant les députés du Bundestag: «Le Luxembourg a encore beaucoup à faire pour améliorer ses pratiques fiscales».

- Michel Sapin, ministre français des Finances, à Bruxelles: «L'optimisation fiscale n'est plus acceptable pour personne. La lutte contre cette pratique doit être mondiale».

Le CSV veut voir Gramegna,
PwC Luxembourg va s'expliquer

Le CSV a demandé ce jeudi matin la convocation d’urgence de la Commission des Finances et du Budget. Le parti d’opposition y invite le ministre des Finances, Pierre Gramegna (DP), «pour discuter en sa présence des récentes révélations journalistiques concernant la pratique des accords fiscaux luxembourgeois». Le parti chrétien social souhaite aussi «évoquer avec lui l’attitude et la stratégie du gouvernement luxembourgeois en la matière».

Luxembourg for Finance n'a pas réagi officiellement, renvoyant la balle au ministère des Finances. L'ABBL n'a pas souhaité commenter l'affaire.

Pointé dans l’affaire LuxLeaks, pour avoir géré les accords entre les sociétés étrangères et l’État luxembourgeois, PwC Luxembourg donnera ce jeudi une conférence de presse en son siège, à 14h, a indiqué le cabinet d’audit et de conseils à L’essentiel. C’est le managing partner de la firme, Didier Mouget, qui s’exprimera devant les journalistes pour donner sa version des faits.

(L'essentiel)

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