Philippe Mersch – «Je roulais en Citroën Visa, un vilain petit canard»
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Philippe Mersch«Je roulais en Citroën Visa, un vilain petit canard»

LUXEMBOURG - Jean-Luc Bertrand a reçu Philippe Mersch, président de la Fédération des distributeurs automobiles et de la Mobilité, dans sa séquence «Story».

Philippe Mersch, président de la FEDAMO, a replongé dans ses belles années lors de son entretien avec Jean-Luc Bertrand.

Philippe Mersch, président de la FEDAMO, a replongé dans ses belles années lors de son entretien avec Jean-Luc Bertrand.

Président «non rémunéré» de la Fédération des distributeurs automobiles et de la Mobilité (FEDAMO), Philippe Mersch a répondu aux questions de Jean-Luc Bertrand, dans la séquence «Story», diffusée tout au long de la semaine sur L'essentiel Radio. «La FEDAMO a pour vocation de fédérer les concessions automobiles et au Luxembourg, ça représente 5 000 personnes, 150 entreprises et plus de 180 show-rooms», nous a-t-il précisé d'emblée. «La "Mersch-Touch"? C'est avant tout un travail d'équipe. Je suis un porte-parole et les ventes automobiles se passent plutôt bien en 2019. Comme en 2018, on va terminer l'année à un très très haut niveau et c'est très positif, car une nouvelle voiture est une voiture plus propre. Acheter un nouveau diesel ou une nouvelle essence aujourd'hui, ce sont les mêmes normes EURO, ce sont les mêmes émissions en terme de particules fines, mais le diesel émet moins de CO2. Les constructeurs ont besoin du diesel pour diminuer le niveau de CO2 en Europe».

Le marché automobile se porte bien au Luxembourg, mais pour quelles raisons? «1. La population du pays augmente tous les ans, 2. Il y a un grand intérêt pour les dernières nouveautés et 3. Le marché des voitures de sociétés est très développé au Grand-Duché», a rappelé Philippe Mersch. «C'est ce marché-là qui pousse les immatriculations. Sur une année d'immatriculation, il y a 47% de voitures de société renouvelées». Également chef d'entreprise qui gère avec son associé une concession automobile, le garage Kremer à Mersch qui vend des Kia et des Subaru, le président de la FEDAMO a confirmé que «les ventes d'occasion dépassaient les ventes des véhicules neufs». «C'est un phénomène classique, aussi, dans nos pays voisins», précise même Philippe Mersch. «Mais ce schéma a seulement basculé au Luxembourg depuis 2012. Les occasions sont très attractives et les voitures luxembourgeoises sont généralement mieux équipées, bien entretenues, avec des motorisations hautes. On peut donc faire de belles affaires au Luxembourg».

«Ils avaient perdu le bateau des Luxembourgeois »

Titulaire d'une maîtrise en Information et Communication, Philippe Mersch rêvait de devenir pilote de course quand il était petit. «Mon premier job en tant qu'étudiant, c'était livreur et homme à tout faire dans une entreprise où j'accompagnais le chauffeur», s'est-il souvenu. «Je déposais des paquets à gauche et à droite et mon premier achat avec ce salaire, c'était un vélomoteur. Ma première voiture? Une Citroën Visa. Les Français la qualifiaient de "vilain petit canard", mais c'était tout de même une version GT assez sympa. Avec 80 chevaux et un petit carburateur, c'était une autre époque. Alain Prost ou Ayrton Senna, pilotes de Formule 1, étaient pour moi des idoles. Sébastien Loeb, en rallye, était également impressionnant. Et dans toutes les personnes que j'ai rencontrées, les pilotes de F1 m'ont impressionné, car quand ils baissent la visière de leurs casques, ce ne sont plus les mêmes. La concentration est extrême dans ces métiers à haut-risque».

Et à la question de savoir comment Philippe Mersch était parvenu à se sortir d'une situation pour le moins compliquée, celui qui est désormais père de famille s'est souvenu d'un moment particulier sur un voilier. «J'étais à l'université et on naviguait vers Sète depuis la Grande Motte», se rappelle-t-il. «Le temps était magnifique et j'étais l'assistant du capitaine, un ami à qui je pense beaucoup aujourd'hui, car il est gravement malade. La tramontane est venue et au lieu de mettre trois heures, on a mis neuf heures pour rejoindre le port. Une alerte a été lancée depuis Sète, car ils avaient perdu le bateau des Luxembourgeois. Tout le monde était malade à bord, car on était contre la mer et les vagues. On a eu peur, mais on est arrivés à bon port pendant la nuit».

«J'aurais bien aimé être le garde du corps de Withney Houston»

«Je crois à la voiture électrique par la force des choses», a encore déclaré au micro de L'essentiel Radio, Philippe Mersch. «La question n'est pas "quand?" mais à quelle vitesse cela va débouler sur nous?». En 2020, plus de 60 nouveaux véhicules électriques vont arriver sur le marché. L'offre va être démultipliée, car les constructeurs ont investi des milliards et des milliards dans l'électro-mobilité. Cela va venir par la force des choses, car la politique le veut en Europe. Il faut diminuer le CO2 et ça ne passe que par ce chemin-là. Les batteries des voitures auront plusieurs vies: la première lors de l'utilisation du véhicule, on pourra ensuite les utiliser pour du stockage avant de parler de recyclage. Tout se met en place, mais le souci reste les matériaux utilisés dans les batteries. L'industrie cherche des nouveautés à ce niveau-là».

Et pour finir au terme des cinq épisodes diffusés tout au long de la semaine, Philippe Mersch s'est défini par le mot suivant: «Engagé». «Engagé au niveau professionnel, c'est clair et cela va malheureusement souvent en premier», a-t-il reconnu. «Engagé aussi au niveau de la FEDAMO, évidemment. C'est un bon terme qui me correspond». Et s'il devait revivre un moment de sa vie, ce serait: «Normalement, je regarde vers l'avant, mais j'ai peu de souvenirs de mon enfance et j'aimerais peut-être revivre une période où mon père était encore en vie, car il est parti beaucoup trop tôt», a conclu celui qui «aurait bien aimé être le garde du corps de Withney Houston dans le film "Bodyguard" à la place de Kevin Costner».

La playlist de Philippe Mersch

(fl/L'essentiel)

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